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Samuel Paradis croit que sa ferme est l'une des premières au Québec à avoir une mangeoire couverte dans un enclos d’hivernage. Photo : Nathalie Côté

Samuel Paradis croit que sa ferme est l'une des premières au Québec à avoir une mangeoire couverte dans un enclos d’hivernage. Photo : Nathalie Côté

Enclos d’hivernage : une mangeoire protégée des intempéries

Producteur de veaux d’embouche à Lyster, Samuel Paradis n’avait jamais songé à aménager un enclos d’hivernage jusqu’à ce qu’il acquière, il y a quatre ans, une terre à Laurierville, à une quinzaine de kilomètres de son lieu de production principal.

« Les bâtiments étaient vraiment désuets et construits dans un trou d’eau. Il fallait les changer et dans les trois dernières années, j’ai visité plusieurs fermes avec Jocelyn Jacob, du Réseau Agriconseils Centre-du-Québec, afin de comparer et de voir ce dont j’avais besoin », explique le jeune agriculteur, fier de souligner qu’il a conçu les plans et construit l’enclos lui-même avec l’aide de ses proches. 

Destiné à abriter 80 veaux et autant de vaches,  l’élément principal de son enclos d’hivernage – qui a été achevé en janvier 2020 – est une aire d’alimentation composé de trois pans de mur, soit 125 pieds de large sur 55 pieds de profondeur.

Une mangeoire couverte

« On l’a construit sur une butte et sa particularité, c’est que la mangeoire a été installée sur toute la largeur du mur du fond. Je crois que nous sommes une des premières fermes au Québec à avoir une mangeoire couverte dans un enclos d’hivernage. » Ainsi protégée, la nourriture demeure toujours bonne, remarque Samuel Paradis. « Quand c’est mouillé, les vaches viennent à moins manger », note-t-il. L’abreuvoir a été installé à environ 200 pieds de la mangeoire, permettant ainsi au bétail de faire de l’exercice entre les deux lieux.

Le propriétaire de la Ferme Macandi dit avoir investi environ 160 000 $ dans son nouvel aménagement, mais selon lui, cette somme aurait dépassé le quart de million de dollars s’il avait confié les travaux à l’externe. « On a eu droit à une aide financière du MAPAQ, mais on a été bien au-delà des limites du programme. » Avec des allées et des murs de 4 pieds de haut en béton, Samuel Paradis dit avoir mis le paquet.

Vers la fin d’octobre, lorsque les champs ne s’assèchent plus, le producteur fait entrer son troupeau dans l’enclos d’hivernage. Dans la partie haute densité d’une superficie de 125 mètres sur 185 mètres, le bétail a accès à un enclos doté d’une dalle de ciment et d’une section sablonneuse (d’une profondeur de 3 pieds) qui assure un bon drainage au sol lors des journées pluvieuses.

À la mi-novembre, lorsque les champs commencent à geler, Samuel Paradis ouvre la partie basse densité où chaque vache-veau a droit à une superficie moyenne de 100 mètres carrés. « Dans cette section, j’ai des brise-vent portatifs de neuf pieds de haut. J’y dépose la litière pour que les vaches puissent se coucher. Dépendamment des bordées de neige ensuite, je prends le tracteur pour les changer de place aux deux ou trois semaines environ. » 

À la veille de faire pénétrer son troupeau dans son enclos d’hivernage pour une deuxième saison, le jeune producteur bovin ne voit que des avantages aux nouvelles installations. « Ça fait 30 ans qu’on est là-dedans. On sait ce qui est bien et ce qui l’est moins. Et ce qui est certain, c’est que dans un bâtiment humide en hiver, les animaux sont moins bien », conclut-il. 

Bernard Lepage, collaboration spéciale