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Embargo russe: pas d’impact sur le prix

L’embargo décrété par la Russie sur les exportations canadiennes de porc n’a pas exercé jusqu’ici d’impact sur le prix payé aux producteurs.

Les principaux exportateurs québécois, dont Olymel, ont déployé leurs efforts la semaine dernière pour trouver des acheteurs chez qui écouler la viande destinée à la Russie.

« Ce n’est pas une bonne nouvelle, mais on va trouver d’autres débouchés et l’embargo risque de faire plus mal aux Russes qu’à nous », affirme François Guité, vice-président des ventes chez Olymel. Celui-ci disait s’être livré à « de la gymnastique » pour joindre ses clients habituels répartis dans 65 pays. Cette année, le marché russe était le second en importance pour Olymel et ses abattoirs de Vallée-Jonction en Beauce et de Red Deer en Alberta. L’impact de l’embargo, estime-t-il, est amoindri par les conséquences du virus de la diarrhée épidémique porcine (DEP) aux États-Unis.

« L’abattage est en baisse aux États-Unis; de 5 à 6 % de moins comparativement à la même date l’an dernier, constate-t-il. Ça maintient le prix du porc vivant assez élevé. Pour trois à cinq semaines, il va y avoir un peu de turbulence sur les marchés, mais la DEP [diarrhée épidémique porcine] va nous permettre de passer à travers la crise. »

Olymel, confirme François Guité, maintient d’ailleurs son programme pour éliminer la ractopamine de son usine de Princeville. La certification, visant d’abord un accès au marché russe, va servir pour conquérir le marché asiatique. Rappelons que le Canada vient de conclure un accord de libre-échange avec la Corée du Sud.

« Pour le futur, dit-il, le marché de la Chine semble très porteur. »

Pertes

L’embargo russe devrait quand même se traduire par des pertes importantes, du moins pour les entreprises d’exportation. La semaine dernière, le Conseil des viandes du Canada a eu la confirmation que l’embargo s’appliquait dès son entrée en vigueur, de sorte que la viande déjà en direction de la Russie est aussi touchée. Le Conseil estime que 500 conteneurs de 23 000 kg chacun sont toujours sur les navires ou entassés dans les ports. Au Port de Montréal, illustre-t-il, il peut en coûter jusqu’à 1 000 $ par jour pour entreposer un conteneur réfrigéré.

« Le point positif de cet embargo, commente Jim Laws, directeur général du Conseil des viandes à Ottawa, c’est que l’approvisionnement mondial de porc est serré. Le prix demeure donc élevé et il y a une demande qui va augmenter du côté de la Chine. »

Jim Laws estime qu’il est trop tôt pour déterminer l’impact de l’embargo russe sur les prix du porc. Pour les trois dernières années, note-t-il, les exportations canadiennes de porc dans 120 pays ont atteint en moyenne 3,2 G$.

Au Centre de développement du porc, Geneviève Berthiaume rappelle que peu d’abattoirs américains ont obtenu l’approbation pour exporter du porc sans ractopamine depuis mars dernier.
« Les Américains ne sont pas trop inquiets de ça », indique-t-elle, ne pouvant préciser le prix moyen du porc payé aux producteurs québécois pour la semaine dernière. Du 4 au 10 août, le prix moyen au Québec avait fléchi de 6,53 $ pour se fixer à 250,84 $/100 kg, baisse attribuable à celle du prix de référence américain.

Pour l’an dernier, Statistique Canada tient à préciser que les exportations canadiennes de porc frais et surgelé vers la Russie ont atteint 256 M$ et non 563 M$. Il s’agit tout de même d’une baisse importante comparativement à 2012, alors que la valeur des expéditions a cumulé à 477 M$.

Depuis le début de l’année, les entreprises québécoises ont exporté pour plus de 143 M$ de porc vers la Russie, principalement des parures destinées à la fabrication de saucisses et de saucissons.