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Le secteur du dindon a été fortement touché par la crise de la COVID-19. Photo : Archives/TCN

Le secteur du dindon a été fortement touché par la crise de la COVID-19. Photo : Archives/TCN

Après la pandémie, place aux projets

L’année 2020 a été marquée par des pertes de plus de 10 M$ dans le secteur de la volaille, ont indiqué les Éleveurs de volailles du Québec (ÉVQ) lors de leur assemblée générale annuelle, tenue en mode virtuel le 14 avril. La chute de production de 15 % causée par la pandémie de COVID-19 et la hausse du prix des grains expliquent en grande partie ces pertes.

Mais la pandémie a frappé un peu plus fort du côté des dindons, où les coupes de production ont été plus importantes en raison de la fermeture du secteur des HRI (hôtels, restaurants et institutions). La directrice générale des ÉVQ, Marie-Ève Tremblay, a indiqué que le secteur avait depuis repris son rythme de production à 80 % par rapport à celui d’avant la pandémie. « Il reste encore 2 M$ à récupérer », a-t-elle mentionné avant de signaler que malgré la fermeture du secteur des HRI, le secteur avait pu compter sur une augmentation des ventes au détail. Par ailleurs, les stocks sont actuellement à leur plus bas niveau depuis les cinq dernières années, ce qui aurait un impact sur la disponibilité des produits en épicerie.

Tourné vers l’avenir

Malgré cette année difficile pour tous, le président des Éleveurs, Pierre-Luc Leblanc, a teinté son discours d’espoir pour les années à venir. « Nous avons tous subi une hausse du coût de production, mais la marge est moins importante dans le secteur de la volaille qu’elle peut l’être dans d’autres secteurs, ce qui nous donne un avantage pour l’avenir. Et la table à dessin est pleine pour 2021. On a beaucoup de projets », a-t-il lancé.

L’allocution de la ministre fédérale de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau a particulièrement réjoui M. Leblanc qui a souligné que « l’innovation, la relève et la main-d’œuvre », trois thèmes abordés par la ministre, étaient au cœur des priorités de son organisation pour les années à venir.

Fronde contre les détracteurs

L’assemblée a également été marquée par plusieurs allusions aux critiques auxquelles font face les ÉVQ, notamment à l’égard du plafond de détention de quota et du mode de fixation des allocations.

À plusieurs reprises au cours de la journée, Pierre-Luc Leblanc a répété à quel point la flexibilité et la capacité d’adaptation de la filière en période de crise, comme celle qu’a provoquée la pandémie de COVID 19, étaient la preuve que le système de gestion de l’offre « n’est pas aussi rigide que certains opposants tentent de le faire paraître ».

Il a également justifié à plusieurs reprises la volonté des ÉVQ de défendre la gestion de l’offre et le maintien des plafonds de détention de quota. « Ce système n’est pas parfait, mais nous croyons qu’il permet de garder l’industrie en santé en permettant de maintenir des fermes à dimension humaine », a-t-il fait valoir. 

Le poulet brésilien sème l’inquiétude

Le Brésil étant l’un des plus importants exportateurs de poulets, le producteur René Gélinas a profité de la période de questions suivant l’allocution de la ministre fédérale de l’Agriculture, Marie-Claude Bibeau, pour demander si d’autres concessions seraient faites dans le cadre des négociations de libre-échange avec le Marché commun du Sud (Mercosur). « En 2015, dans les négociations entourant l’Accord Canada–États-Unis–Mexique, on s’était engagés à protéger le système de gestion de l’offre. Maintenant, on va plus loin que ça. On s’engage à ne céder aucune part de marché. On tient à garder la gestion de l’offre la plus fermée possible », a assuré la ministre.