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Les cinq participants se sont exercés à effectuer les travaux à l’aide des ânes. Crédit photo: Frédéric Marcoux

Les cinq participants se sont exercés à effectuer les travaux à l’aide des ânes. Crédit photo: Frédéric Marcoux

Traction animale : conjuguer le passé, le présent et le futur

STRATFORDChantale Gagnon et son mari Jocelyn Debaque, tous deux adeptes de la traction animale pour les travaux dans les champs, ont partagé leurs connaissances sur le sujet lors de la journée Approche de l’âne : traction animale, en octobre dernier. Les participants ont assisté à une partie théorique en avant-midi, et une partie pratique avec les ânes a suivi. 

« On utilise les animaux comme avant, mais on est tournés vers l’avenir », a souligné l’agricultrice originaire de France, propriétaire avec son mari de la ferme Les jardins aux pas de l’âne en Estrie. « Notre but est de montrer d’autres options aux participants qui souhaitent pratiquer l’agriculture de façon écologique », ajoute-t-elle. 

Diplômée du cours Utilisateur de chevaux attelés au lycée agricole de Montmorillon en France, Chantale Gagnon a pu approfondir ses connaissances en attelage, en débardage et en maraîchage. 

Le 8 octobre dernier, elle a prodigué quelques conseils pour aider à comprendre le comportement des ânes. Elle a expliqué les avantages et les inconvénients de la traction animale, en plus de donner quelques trucs pour initier son public à la préparation des bêtes et à la réalisation des travaux.

« Nous croyons que c’est avec l’éducation qu’on change dans la vie! Le choix de la traction animale, c’est de ne pas avoir de tracteur qui compacte le sol, de ne pas utiliser de l’essence et de l’huile pour faire attention à notre planète. On cherche aussi à limiter la pollution par le bruit », ajoute la productrice, qui ne détient pas de certification biologique. 

Elle se décrit comme une agricultrice écologique qui cherche à conscientiser la population.

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Une belle occasion d’apprendre

Les participants ont posé une tonne de questions pour acquérir de nouvelles connaissances. « Je suis venu ici pour apprendre et pour voir si j’aimerais ça, souligne Kevin Macenauer, un boucher originaire de Saint-Mathieu-de-Laprairie. Je voudrais visiter des amish! J’aime leur façon écologique de pratiquer l’agriculture. Mon but est d’écouter et de faire des stages pour éventuellement avoir une ferme utilisant la traction animale. »

Selon Chantale Gagnon, plusieurs citadins sont déconnectés du monde agricole et ignorent la provenance des aliments qu’ils consomment. Cette coupure du milieu agricole, elle l’observe d’ailleurs plus au Québec qu’en France.

« Notre métier n’est pas valorisé et il est méconnu, souligne-t-elle. Ici, contrairement à la France, il y a vraiment eu une coupure importante dans les années 1980 vers la modernisation et la mécanisation. Il n’y avait plus de modèles autres que celui qui prédominait. J’ai même dû aller en France pour apprendre et me former! »

Les producteurs souhaitent voir croître l’agriculture de proximité dans les prochaines années. Leur équipement doit toutefois être importé d’Europe, ce qui leur complique quelque peu la tâche pour le moment. Chantale Gagnon soutient que ces outils sont modernes, adaptables et légers. 

« Grâce à cela, nous ne sommes pas dans le passé, mais dans le futur en utilisant des méthodes qui existaient avant! » conclut-elle.