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Le respect de l’environnement fait partie du credo des propriétaires du Paradis des orchidées, Sylvie Paquette et Laurent Leblond. Photo : David Riendeau

Le respect de l’environnement fait partie du credo des propriétaires du Paradis des orchidées, Sylvie Paquette et Laurent Leblond. Photo : David Riendeau

Les jardiniers du paradis

En se lançant dans la production biologique d’orchidées, Laurent Leblond et Sylvie Paquette étaient loin de se douter qu’ils rencontreraient autant d’embûches sur leur chemin. Leur persévérance s’est toutefois avérée payante. Au prix d’une grande abnégation, ils sont devenus les plus grands producteurs de cette fleur dans l’est du Canada.

Une fois à l’intérieur de la serre de 25 000 pi2 située à Sainte-Dorothée, on comprend tout de suite pourquoi Laurent Leblond et son épouse Sylvie Paquette ont nommé leur entreprise « Le Paradis des orchidées ». Partout où l’œil se pose, des milliers de fleurs de toutes les variétés rivalisent de beauté, résultat des soins méticuleux de ce couple de producteurs passionnés qui fournissent plusieurs fleuristes du Grand Montréal.

Si le Paradis des orchidées a lancé ses activités en 1998, la genèse du projet remonte à 1989. Laurent Leblond était alors un jeune producteur horticole en Normandie. « On était en train de construire une serre près de Honfleur quand on a su qu’une autoroute allait peut-être nous passer dessus. »

Avec d’autres habitants de la région, Laurent Leblond s’est mobilisé contre le projet autoroutier. Ils ont alerté l’opinion publique, porté leurs revendications devant les politiciens et même fait élire à la tête d’Honfleur un premier maire écologiste, en vain. L’autoroute a été construite et le producteur a perdu son terrain. « On a réussi à être indemnisés, mais il n’était plus question que je reste en France. »

Ironie du sort, c’est à travers son combat que Laurent Leblond a développé sa passion pour les orchidées. « Je parcourais un chemin que devait croiser l’autoroute quand je suis tombé par hasard sur des orchidées. De fil en aiguille, j’ai découvert qu’il s’agissait d’une variété protégée par une convention internationale. Je me suis mis à lire sur le sujet et j’ai commencé à en cultiver! »

L’entreprise produit 1 000 variétés d’orchidées, dont plusieurs développées sur place. Les plants proviennent d’Asie, d’Europe et d’Amérique latine et sont cultivés de six mois à quatre ans avant d’être vendus.

L’entreprise produit 1 000 variétés d’orchidées, dont plusieurs développées sur place. Les plants proviennent d’Asie, d’Europe et d’Amérique latine et sont cultivés de six mois à quatre ans avant d’être vendus.

Un combat de longue haleine

Arrivé au Québec en 1997, Laurent y a fait la rencontre de Sylvie. Cette diplômée du Collège Macdonald a été séduite non seulement par l’homme, mais aussi par son rêve : celui de produire de façon biologique des orchidées en serre.

Vaste programme quand la presque totalité des autres producteurs au pays travaillent en mode conventionnel. Qu’à cela ne tienne, après plusieurs années de recherche et développement, le Paradis des orchidées a remplacé en 2011 la fertilisation chimique par un procédé biologique. Idem pour le contrôle des insectes nuisibles et des maladies. Les seuls produits que les employés utilisent pour traiter les plants sont de l’eau peroxydée et une solution à base de savon de Marseille. L’entreprise a également recours à des prédateurs naturels comme la coccinelle pour venir à bout de la cochenille farineuse et des autres ravageurs.

L’implantation de la lutte biologique n’est pas de tout repos, concèdent les propriétaires. « Il faut apprendre à se débrouiller seul. Au début, ça a été très difficile, car il n’y avait presque aucun joueur dans le biologique, donc on ne disposait d’aucune information sur les prédateurs. On a dû mener nos propres tests. » C’est sans compter certaines coupes gouvernementales qui font mal. « En 2014, on a perdu l’équivalent de 10 000 $ par année en crédit d’impôt pour la recherche et le développement. On a dû augmenter de 50 000 $ l’hypothèque sur notre maison pour financer nos travaux sur deux prédateurs indigènes qui nous sont aujourd’hui très utiles. »

Malgré le temps et l’énergie considérable que cela implique, le couple n’est pas près de retourner à une production conventionnelle : il a trop à cœur l’état de la planète et la santé des collectionneurs. « Avant de dire que les plantes vertes purifient l’air des maisons, il faudrait d’abord purifier les plantes vertes », tranche Laurent Leblond.

David Riendeau, collaboration spéciale.