La part du prix du lait de classe 4 (a) payée au producteur a diminué de 13 % au profit des autres maillons de la chaîne bioalimentaire dans le prix de vente du beurre en épicerie. Photo : Archives/TCN
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S'abonner maintenantDes données dévoilées par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) en juin ont démontré qu’entre 2020 et 2024, la part du prix à la ferme dans le prix de détail a diminué pour le beurre et le lait, a augmenté pour le cheddar, le porc et les légumes frais et est restée stable pour le poulet et les œufs de consommation.
Durant cette période, le prix moyen des aliments vendus en épicerie au Québec s’est accru de 22,6 %, en raison d’une série de pressions économiques qui ont fait augmenter les coûts de production des maillons de la chaîne bioalimentaire.
Des variations pour les producteurs laitiers
Pour le lait 2 %, la part du prix du lait à la ferme par rapport au prix de détail a diminué de 3 % (de 49 % à 46 %) au bénéfice des transformateurs, des grossistes et des détaillants. En magasin, le prix moyen d’un litre est passé de 1,96 $ à 2,34 $ alors que le montant payé au producteur est passé de 0,96 $ à 1,08 $.
Entre 2020 et 2024, la part du prix du lait de classe 4 (a) payée au producteur a diminué de 13 % au profit des autres maillons de la chaîne bioalimentaire dans le prix de vente du beurre en épicerie. Le prix au détail s’est accru de 44 %, passant de 9,13 $/kg à 13,15 $/kg, alors qu’il n’a augmenté que de 21,7 % à la ferme, passant de 7,79 $/kg à 9,48 $/kg.
Pour le fromage cheddar, la part du prix du lait de classe 3 (b) dans le prix de vente du fromage cheddar en épicerie s’est accrue de 2 % pour la même période. En effet, cette classe de lait a connu une augmentation de prix de l’ordre de 20,6 % à la ferme. Le prix de vente au détail du cheddar, pour sa part, ne s’est accru que de 11,4 % sur la période.
Hausse pour les éleveurs porcins et les maraîchers
Dans le secteur porcin, la part du prix à la ferme a connu une hausse de 4 % par rapport au prix payé par le consommateur pour de la viande de porc. « Cette croissance s’explique par une hausse de 21,4 % du prix du porc à la ferme, qui a été supérieure à l’augmentation du prix de détail (+9,7 %), ainsi que par une décroissance de [l’indice de prix] en transformation (-8,4 %) », lit-on dans le document du MAPAQ.
Pour les 10 légumes sélectionnés dans le cadre de cette analyse (pomme de terre, laitue, chou, carotte, brocoli, poivron, tomate, concombre, maïs sucré et oignon), la part du prix payé aux maraîchers dans le prix de détail s’est accrue de 5 % entre 2020 et 2024. Ces légumes représentent 75 % du total des recettes agricoles du marché et de la consommation de légumes frais au Québec. « La hausse de la part à la ferme peut s’expliquer par une progression des prix à la production (+27,9 %) plus élevée que celle rapportée pour les prix de détail (+10,4 %) », soutient le MAPAQ.
Statu quo pour le poulet de chair et les œufs de consommation
Entre 2020 et 2024, la part du prix reçu par les producteurs de poulet de chair et d’œufs de consommation à la ferme dans le prix de détail de la viande de poulet ou d’œufs en magasin a connu de faibles augmentations de l’ordre de 1 %.