Des rivaux devenus amoureux

Vaudreuil-dorion – Une histoire d’amour est née entre Véronique Boyer et Jérémie Mercier après de chaudes luttes disputées lors de compétitions d’agronomie opposant amicalement leurs deux universités. 

Il était un fier représentant de l’Université Laval, à Québec, alors qu’elle était l’une des meilleures joueuses de l’Université McGill, à Montréal. Lors de ces concours d’expertise agronomique, chaque équipe doit évaluer quatre éléments en production animale, comme quatre vaches, et quatre éléments en production végétale, comme quatre épis de blé. Des juges officiels déclarent les gagnants. 

Après leur première confrontation, en 2015, Jérémie et Véronique se sont échangé quelques mots. L’année suivante, les deux rivaux se sont retrouvés lors d’une autre compétition, et la rivalité Québec-Montréal s’est transformée en un flirt. Véronique a alors invité Jérémie à venir visiter sa ferme de Saint-Polycarpe, en Montérégie. Le jeune homme provenant de Saint-Jean-Port-Joli, dans le Bas-Saint-Laurent, a non seulement apprécié la visite, mais il n’en est jamais vraiment reparti, lui qui a pris la relève, avec Véronique, de la ferme laitière des Boyer, le 8 octobre 2020. « On ne s’est pas lâchés depuis 2016 », atteste fièrement celui qui est aujourd’hui père de deux enfants. 

Conserver les traditions

Être un « outsider », comme dit Jérémie, lui impose le respect des traditions. « Les Boyer sont dans leur ferme depuis 1934. Quand tu ne viens pas de là, tu amènes de nouvelles idées, mais sans vouloir tout changer. Ici, les vaches sont propres. Tous les matins, de 9 h 30 à 11 h, on brosse chaque vache et on lave leur queue chaque jour. Ça fonctionnait comme ça avant et ça fonctionne encore comme ça. Et c’est bien correct », commente-t-il. 

Le couple pourrait accroître la croissance du troupeau s’il cessait d’envoyer les vaches à l’extérieur, car cela leur permettrait de laisser tomber les pâturages pour consacrer les terres à d’autres cultures qui leur offriraient l’occasion de nourrir plus de vaches. 

Les deux agriculteurs gagneraient aussi du temps à ne plus brosser leurs bêtes, un temps qu’ils pourraient employer à traire plus de vaches. Le bien-être animal est important et la longévité accrue des bêtes vaut son pesant d’or. De plus,  le couple ne veut pas s’endetter dans un grand complexe laitier. Ils ont 39 vaches en lactation pour un quotas de 57 kilos avec une moyenne de 12 479 kg par vache, y compris des vaches Canadiennes. Et c’est rentable, disent-ils. 

Le couple partage la même vision d’entreprise et ne s’en laisse pas imposer. « Il y a beaucoup de vendeurs qui te disent :  “Vous devriez faire ceci ou essayer cela.” Nous, on n’est pas trop là-dedans. On a fait assez d’études pour être capables de démêler ce qui nous intéresse et ne nous intéresse pas », tranche Jérémie Mercier. Comme quoi les nombreuses compétitions universitaires en agronomie leur servent encore.