Alimentation 14 novembre 2025

Encore du travail à faire

Bien que 93 % des institutions publiques québécoises sont désormais dotées de cibles (volontaires) en vertu de la Stratégie nationale d’achat d’aliments québécois lancée en 2020, plusieurs facteurs freinent toujours l’intégration des produits québécois dans le menu des HRI.

Joey Benoit, de la Coop Agrobio, évoque des problèmes de volumes d’approvisionnement et de coûts de livraison élevés en raison de la distance à parcourir, notamment. D’ailleurs, la coopérative de producteurs biologiques de grains, de légumineuses, de farine et d’huile basée à Coaticook, en Estrie, tente de réduire la facture de ses clients en effectuant majoritairement la distribution elle-même. « C’est le meilleur moyen pour être rentable par rapport à nos produits si on veut vraiment développer l’institutionnel, parce qu’en passant par un broker ou une compagnie indépendante, [la facture] serait trop élevée et l’institutionnel [en termes de] qualité-prix, ils vont préférer le prix, dit le représentant. Au final, c’est le prix qui l’emporte. »

Selon lui, il faudrait créer un registre des institutions qui souhaitent s’approvisionner exclusivement en produits biologiques. « Ça ferait que nous, qui sommes un peu plus marginaux, on saurait directement qui est notre client cible [plutôt] que d’essayer conquérir quelqu’un qui, dans le fond, nous regarde juste avec un signe de piasse et non avec un signe goût », soutient-il.

Pierre-Marc Brodeur, qui approvisionne Sainte-Justine en haricots secs, estime que la difficulté réside dans les besoins des institutions. « Eux autres, ils ont de la misère à s’entendre sur ce dont ils ont besoin et comment ils veulent le gérer. C’est plus à l’interne, pour eux autres, que c’est compliqué plutôt que pour nous à l’externe. Une fois que tu es chez les distributeurs alimentaires, [les institutions] passent leur commande et ils achètent, indique le propriétaire d’Haribec. Ils ont de la misère à gérer leurs volumes. »