Avec sa margarine Becel Or au goût de beurre, la multinationale Unilever a testé les limites de la réglementation québécoise.

Avec sa margarine Becel Or au goût de beurre, la multinationale Unilever a testé les limites de la réglementation québécoise.

Beurre et margarine : la bataille des tartinades

Au Québec, le beurre représente un cas d’espèce de l’utilisation trompeuse de termes alimentaires. 

Pendant des décennies, l’industrie laitière québécoise s’est battue pour interdire la coloration « jaune beurre » de la margarine de même que l’usage du mot « beurre » sur les emballages de son compétiteur. La Cour du Québec a même rabroué la multinationale Unilever en affirmant qu’elle tablait sur la notoriété du beurre pour mousser les ventes de sa Becel Or au goût de beurre.

Après des décennies de bataille et plusieurs gains, le beurre devait cependant concéder la victoire. Ainsi, en 2008, le gouvernement du Québec a permis que la margarine imite la couleur du beurre. 

Aujourd’hui

Dans la Belle Province, l’emploi des termes laitiers est régi par la Loi sur les produits alimentaires. À l’origine, son article 4.1 (1) stipulait qu’aucun produit substitut de produit laitier ne pouvait utiliser les mots « lait », « crème », « beurre », « fromage » ou un autre terme apparenté. Toutefois, depuis la mise en œuvre de l’Accord de commerce intérieur (ACI), une entente de libre-échange entre les provinces canadiennes, cette loi a perdu des plumes. Elle mentionne maintenant que les succédanés laitiers ne peuvent emprunter « des mots, marques de commerce, appellations ou images évoquant l’industrie laitière » sans préciser les termes « lait », « crème », « beurre », « fromage » tel qu’auparavant. 

« L’ACI est venu atténuer la force de la réglementation. Le fardeau de la preuve est plus lourd », résume François Dumontier, porte-parole des Producteurs de lait du Québec. Un autre produit phare de l’industrie laitière, le lait de consommation, fait face à la compétition des boissons végétales, communément appelées « lait » par monsieur et madame Tout-le-monde. « On n’est pas contre ces produits-là, mais leurs fabricants ont la responsabilité de présenter leurs produits tels qu’ils sont. Il n’y a pas que l’apparence. Les nutritionnistes expliquent bien que ces produits-là ne remplacent pas le lait », conclut le directeur adjoint des relations publiques et gouvernementales.

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