Agronomes 3 octobre 2025

L’Ordre des agronomes veut moderniser la loi 

Après l’échec de 2022 à faire adopter par les parlementaires le projet de loi sur la modernisation de la Loi sur les agronomes, l’Ordre des agronomes du Québec (OAQ) revient à la charge et entend mettre de la pression sur le gouvernement du Québec pour qu’il apporte les changements nécessaires, afin, notamment, de réduire les possibles conflits d’intérêts associés à la vente d’intrants agricoles et les services-conseils. 

« On est rendus dans une notion d’urgence; on ne peut plus jouer notre rôle de protection du public, car nos outils législatifs sont trop vieux », résume le président de l’OAQ, Michel Montpetit. Ce dernier veut que la modernisation de la Loi sur les agronomes soit dans les priorités du nouveau ministre de l’Agriculture, Donald Martel, et que d’ici novembre, un projet de loi ait commencé à cheminer pour que la modification de la Loi soit adoptée par Québec au début 2026. 

De nouveaux outils

L’Ordre des agronomes a entrepris un vaste processus de consultation, en 2025, aboutissant à un rapport de consultation rendu public le 25 septembre, qui dresse plusieurs constats et demandes. 

La modernisation de la Loi devra mieux définir le champ d’exercice de l’agronome et les actes réservés, un aspect défaillant présentement, indique le rapport. Ensuite, l’Ordre demande de renforcer son code de déontologie des agronomes, car le projet de modernisation de la Loi, en 2022, voulait séparer le conseil agronomique et la vente, de sorte qu’un agronome ne puisse plus porter les deux chapeaux. Cette idée n’est plus retenue en 2025. 

Un code de déontologie vient plutôt baliser les façons de faire. Par exemple, un agronome qui conseille un agriculteur sur les quantités d’engrais ou de pesticides à appliquer ne peut pas être payé en fonction des volumes d’engrais ou de pesticide qu’il vend, dit Michel Montpetit. Les bonis offerts aux agronomes qui vendent plus d’engrais ou de pesticide ne sont pas non plus acceptables avec un tel code de déontologie. 

Sans être un nouvel outil, Michel Montpetit rappelle l’importance du mandat qui doit être signé entre l’agronome et le producteur afin de clarifier, par exemple, les objectifs de fertilisation ou de nutrition animale du producteur. Dans le cas où ce dernier désire une stratégie axée sur des rendements économiques, n’impliquant pas une quantité maximale de fertilisants, le mandat permettra à l’Ordre de vérifier notamment si l’agronome a recommandé des doses cohérentes avec le mandat de son client. Et ce toujours en respectant les règles du code de déontologie.

Finalement, parmi les autres demandes de l’Ordre se trouve une forme de code de déontologie des entreprises pour lesquelles travaillent les agronomes. Un cahier des charges indiquerait la politique de bonne gouvernance mise en place par l’entreprise afin d’éviter l’apparence de conflit d’intérêts entre les conseils agronomiques et les objectifs de vente. Le tout, chapeauté par la norme du Bureau de normalisation du Québec.