Agricultrices 24 octobre 2025

Encore du travail à faire pour les familles agricoles ébranlées

DRUMMONDVILLE – À la lumière de la mort tragique de l’ancienne présidente des Agricultrices du Québec, Valérie Fortier, à la fin août, l’enjeu du remplacement temporaire de la main-d’œuvre à la ferme pour les familles agricoles ébranlées a pris tout son sens. Depuis deux ans, les Agricultrices du Québec et l’Union des producteurs agricoles (UPA) tentent d’obtenir le soutien de Québec afin de rendre ce type de service accessible à l’échelle de la province. 

Dès que la rumeur du décès de la productrice laitière de Saint-Valère, dans un accident d’aéronef, a commencé à circuler, la coopérative de remplacement de la main-d’œuvre agricole présente dans le Centre-du-Québec, La Halte, a dépêché deux agents à sa ferme pour traire les vaches. « On est arrivés vraiment vite sur les lieux », a mentionné la présidente de la coopérative, Marie-Josée Brault. « On avait contacté sa plus vieille [fille] et regardé avec elle ce qu’elle voulait, parce qu’on savait que les enfants n’étaient pas dans un état pour aller tirer les vaches, mais que leur grand-père non plus », a-t-elle mentionné à La Terre en marge de l’assemblée générale annuelle de la fédération régionale de l’UPA, le 22 octobre. Les animaux ont été traits deux fois par jour par l’organisme, jusqu’aux funérailles de l’éleveuse trois semaines plus tard. 

Soutien financier

Le soutien financier de la communauté a été névralgique pour que la famille endeuillée puisse bénéficier du service. La coopérative Vivaco, dont l’éleveuse était membre, a offert un montant équivalent à une semaine de train à la famille. Le fonds d’urgence d’Agri-Ressources Arthabaska-Érable et le fonds d’aide psychologique de la Fédération régionale de l’UPA ont également été mis à contribution. Les fonds amassés par la coordonnatrice de La Halte, Céline Dumas, ont même permis d’assumer les frais de renouvellement de l’adhésion de la famille à la coopérative de remplacement de la main-d’œuvre en cas de besoin. « On a ça seulement dans le Centre-du-Québec », mentionne celle qui refuse régulièrement des demandes en provenance d’autres régions.

Avoir un peu d’aide politique et d’autres partenaires, ça permettrait que tous les producteurs aient accès à ces services-là.

Céline Dumas

Ironiquement, la mise en place d’un tel service aurait fait partie des sujets à aborder par Valérie Fortier avec le ministre du Travail, Jean Boulet, lors d’une rencontre pUn nouveau prix Coup de coeur Valérie-Fortierrévue qui n’a pu avoir lieu étant donné les circonstances. 

Les Agricultrices du Québec avaient adopté, en 2023, une résolution demandant la mise en place d’une offre de service de remplacement de la main-d’œuvre pour les familles ébranlées par diverses situations, assortie d’une enveloppe nécessaire à la pérennisation du service. En assemblée générale annuelle à Drummondville, le 17 octobre, la directrice générale de l’organisation, Katherine Rousseau, a affirmé que bien que le cabinet ait été relancé en septembre, aucune nouvelle date de rencontre n’a été fixée.