À la une 5 mars 2026

Les déneigeurs se butent à des coûts à la hausse

SAINT-HYACINTHE – Le prix de vente des tracteurs ne cesse de grimper, les salaires des employés sont en hausse et le coût du diesel demeure élevé; les profits fondent chez les déneigeurs, en cette année où les sorties sont, jusqu’à maintenant, plus nombreuses.

Un constat que partage l’agriculteur Pascal Bernier, qui déneige des cours résidentielles et commerciales à Saint-Hyacinthe. « C’est une année qui coûte assez cher jusqu’à maintenant. Ce ne sont pas de gros volumes de neige, mais c’est beaucoup de petites bordées », décrit-il. Le prix qu’il charge à ses clients n’a pas suivi l’inflation, déplore le déneigeur d’expérience. « En 1991, on chargeait 185 $ pour ouvrir une cour. Aujourd’hui, c’est 300 $. Et les dépenses sont plus élevées. Les salaires augmentent tous les ans, car le plus difficile, c’est de trouver des chauffeurs. Le monde ne veut plus se lever la nuit. Ce n’est plus comme avant. Tu n’as donc pas le choix d’augmenter les salaires si tu veux garder tes bons employés », dit-il. Le prix des machines a également enregistré un bond. « On utilise la série 4000 de John Deere. En 2017, c’était 58 000 $ un tracteur; maintenant, c’est 96 000 $. Le prix n’a pas doublé, mais pas loin. Même chose pour les souffleurs : c’était 5 800 $ et c’est rendu près de 11 000 $ pour un 80 pouces [203 cm de largeur] », compare-t-il. Les précipitations, nombreuses cette année, l’ont obligé à acheter plus de carburant. « Du diesel, on ne compte plus la dépense tellement qu’on en prend. Normalement, il suit le prix du super sans plomb, et devrait être à environ 1,40 $, mais on a commencé la saison à 1,60 $ le litre et on est rendu à 1,89 $. La taxe carbone ou je ne sais pas la raison, mais le diesel est plus cher. Même chose pour chauffer mon garage au propane. Ça n’aide pas », dit Pascal Bernier. 

À Saint-Jean-sur-Richelieu, Xavier Sabourin et son père déneigent près de 2 400 cours. « Honnêtement, ce qui fait mal, c’est le coût de la machinerie et de la main-d’œuvre », résume celui qui a dû augmenter ses prix sans faire plus de profits. Difficile toutefois de simplement refiler la facture aux consommateurs, puisqu’il sent qu’une portion de sa clientèle n’est plus en mesure d’assumer des hausses de prix. Il absorbe une partie de la hausse de coût et, conséquemment, « c’est moins rentable qu’avant », assure l’agriculteur, qui cultive 250 hectares à Chambly. 

Même son de cloche chez Jean-Daniel Potvin, de l’entreprise Ondeneige à Saguenay. Lui qui charge 550 $ pour une cour de quatre véhicules n’aura d’autre choix que de hausser ses tarifs l’an prochain, anticipe-t-il.