Alcools 24 juillet 2026

Une vitrine pas à la portée de tous

Pour la première fois, le cidre fera partie de l’offre de l’Omnium Banque Nationale de Montréal, du 1er au 13 août. Les amateurs de tennis pourront y déguster les produits du nouveau partenaire majeur de l’événement, la Cidrerie McKeown. Une vitrine enviable qui demeure toutefois hors de portée de plusieurs producteurs québécois de boissons alcoolisées.

Pour Robert McKeown, cofondateur de la cidrerie située à Rougemont, en Montérégie, ce partenariat est emballant. Il lui permet de réunir deux passions : le cidre et le tennis. « Je suis un joueur de tennis et j’achète des billets pour l’Omnium depuis des années. Je suis un grand fan de tennis », lance-t-il.

Lorsque l’occasion de devenir partenaire majeur de l’événement s’est présentée, il n’a pas hésité. « La portée est grande, fait valoir M. McKeown. Ce sont 285 000 personnes qui vont pouvoir voir notre logo et goûter nos produits. » Le cidriculteur est prêt à répondre à l’intérêt que pourrait générer cette nouvelle vitrine.

Certaines distilleries québécoises recherchent également la visibilité des grands événements estivaux pour élargir leur clientèle, dont la Distillerie des Appalaches, de Lévis, nouveau partenaire majeur du Festival d’été de Québec. 

Autre exemple : la Distillerie 3 Lacs, de Salaberry-de-Valleyfield, est associée à de nombreux événements, notamment l’Omnium Banque Nationale, IglooFest et les Régates de Valleyfield.

« L’industrie des spiritueux et prêts à boire est très dynamique. Les gens demandent les produits », affirme Nicolas Bériault, cofondateur de la Distillerie 3 Lacs et président de l’Association des microdistilleries du Québec. Selon lui, participer à de tels rendez-vous majeurs demande d’importants moyens, qui ne sont pas à la portée de nombreux producteurs d’alcool. 

Les microbrasseries québécoises aimeraient bien être présentes dans ces grands événements, mais les contrats de commandite prévoient très souvent des exclusivités aux multinationales, dénonce l’Association des microbrasseries du Québec (AMBQ). « Les grands festivals sont subventionnés par le gouvernement, mais on ne retrouve pas de produits locaux. C’est un non-sens », déclare Isabelle Charbonneau, présidente de l’AMBQ et copropriétaire de la microbrasserie Dieu du ciel, à Saint-Jérôme, dans les Laurentides. 

« Il faut être réaliste, ça ne serait probablement pas possible pour une seule microbrasserie de commanditer un grand festival, comme le Festival d’été de Québec. Mais on pourrait sûrement se mettre à plusieurs et offrir nos produits », ajoute-t-elle.