Pier-Luc McClure et Vivianne Bergeron dans le verger de pommiers sauvages qu’ils ont défriché, à Cookshire-Eaton, en Estrie. Photos : Geneviève Quessy
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S'abonner maintenantIl a fallu beaucoup de travail à Vivianne Bergeron et Pier-Luc McClure pour dégager les plantes envahissantes qui étouffaient les 450 pommiers sauvages qui composent leur verger. La résultante : la Cidrerie Pomme Sauvage a finalement été inaugurée en mai 2026.
Viviane a étudié en agriculture et Pier-Luc a grandi dans une ferme laitière. Ils travaillaient en construction de bâtiments écologiques depuis une quinzaine d’années, sans savoir que les pommes sauvages seraient au cœur de leur projet, lorsqu’ils ont acheté une ancienne ferme, à Cookshire-Eaton, en Estrie, en 2022.
À l’abandon depuis une quarantaine d’années, les terres n’avaient pas été cultivées depuis.
« On s’est rendu compte que des centaines de pommiers sauvages avaient poussé sur la terre en friche, à travers les nerpruns et autres plantes envahissantes. Nous sommes certains que ce n’est pas un verger abandonné, mais bien des pommiers qui ont poussé tout seuls à partir de graines, parce qu’aucun des pommiers n’a de trace de greffe. Souvent, au lieu d’avoir un seul tronc, on voit aussi qu’il y a six pommiers qui partent du même point, et on comprend qu’ils ont tous germé de la même pomme », explique Pier-Luc.

En plus de planter plusieurs variétés de petits fruits, ils ont entrepris de dégager les pommiers étouffés par la végétation incontrôlée. « Au début, on pensait qu’il y en avait une cinquantaine, puis on a compté, et on s’est rendus à 450 », dit Pier-Luc.
En 2024, ils ont pris la décision de se lancer dans la production de cidre pour mettre en valeur ces pommes sauvages.
Le bâtiment principal a été agrandi pour construire un chai, où l’alcool pourrait vieillir en barriques. Des cuves de fermentation ont été installées, puis le permis de production de cidre est arrivé au printemps 2025.
Environ 14 000 litres de cidre ont été produits à partir de la récolte de pommes de l’automne 2025, et depuis mai 2026, les clients peuvent venir les acheter sur place.
Le cidre de la Cidrerie Pomme Sauvage est fait entièrement de pommes sauvages. « Les pommes modernes sont sélectionnées afin d’être sucrées, mais lorsqu’elles se multiplient librement, leur génétique retourne à des caractéristiques moins sucrées, plus tanniques, ce qui est parfait pour la production de cidre », explique Viviane.
Des assemblages sont faits à partir des cuvées des différents pommiers.
« Au moment de cueillir, on commence par goûter les pommes. On installe quatre bennes, une pour les pommes plus sucrées, une pour les plus tanniques, une pour les plus acidulées et une benne pour les pommes moyennes qui ne rentrent précisément dans aucune catégorie. Puis on répartit les pommes à mesure qu’on les cueille. Ensuite, pour faire tel ou tel type de cidre, on va décider d’utiliser plus ou moins de pommes sucrées, tanniques ou acidulées », explique Pier-Luc.
Les pommiers issus de pollinisation libre sont uniques, et leurs pommes le sont également. Pour sélectionner une variété qu’ils aimeraient, des greffons pourraient être réalisés pour les multiplier, ce que Viviane Bergeron et Pier-Luc McClure ont déjà entrepris.