Maraîchers 11 mai 2026

Des commandes récupérées des semaines après la faillite des Serres Guy Tessier

Si certains maraîchers n’ont jamais reçu le matériel payé juste avant la faillite des Serres Guy Tessier, quelques producteurs plus chanceux ont été capables de récupérer leur commande dernièrement, après avoir multiplié les démarches pendant des semaines.

Les propriétaires de la ferme Les Jardins du Lac, à Béthanie, en Montérégie, viennent de recevoir un appel du syndic les informant que leur tunnel chenille de 60 mètres de long, d’une valeur de 3 000 $, a finalement été retrouvé.

« Ça faisait depuis janvier que c’était prêt, mais j’ai attendu avant d’aller chercher le matériel. Finalement, il y a eu la faillite et on n’était plus capables d’y aller », raconte l’un d’eux, Guy Beauregard. « Je pense qu’ils n’avaient pas fini de dépouiller l’inventaire et qu’ils ne trouvaient pas ma commande. C’est nébuleux. » 

Ce dernier tenait absolument à se procurer un tunnel chenille non chauffé, cette saison, en complément de ses 1 000 mètres carrés de serres, pour augmenter sa production de légumes cultivés sous abri. Craignant de ne jamais avoir sa commande, il s’est procuré une structure usagée en avril pour y semer des primeurs de laitues, de mesclun, de carottes, de choux chinois, de radis et d’épinards. Finalement, comme il devrait recevoir l’autre sous peu, il disposera de deux nouveaux tunnels, cette saison. Le deuxième servira à la culture de tomates italiennes tout l’été.

Craignant de ne jamais avoir sa commande, Guy Beauregard s’est procuré une structure d’occasion en avril pour y semer des primeurs de laitues, de mesclun, de carottes, de choux chinois, de radis et d’épinards. Finalement, il aura deux tunnels chenilles. Photo : Gracieuseté de Guy Beauregard
Craignant de ne jamais avoir sa commande, Guy Beauregard s’est procuré une structure d’occasion en avril pour y semer des primeurs de laitues, de mesclun, de carottes, de choux chinois, de radis et d’épinards. Finalement, il aura deux tunnels chenilles. Photo : Gracieuseté de Guy Beauregard

« Ç’a un impact sur les liquidités, parce qu’on n’avait pas prévu en acheter deux tout de suite, mais on voulait prendre de l’expansion avec l’ajout de tunnels, dans les prochaines années, de toute façon », explique M. Beauregard, précisant ne pas avoir commencé sa récolte de primeurs, qui sera tardive, cette année, en raison du froid et du manque d’ensoleillement.  

Une maraîchère de Sainte-Cécile-de-Milton, en Estrie, Valérie Houde, raconte avoir sollicité le syndic sans relâche, pendant des semaines, avant de récupérer son dû, le 11 avril.

« On savait que notre commande était prête, parce qu’un [ancien représentant avec qui on avait gardé contact] nous a appelés pour nous avertir », raconte celle qui est copropriétaire de la Ferme de la Canopée avec son conjoint, Philippe Gobeil. « Finalement, le syndic nous a rappelés pour nous dire qu’il l’avait trouvée, mais j’ai l’impression que si on ne l’avait pas harcelé, on n’aurait jamais eu notre serre. » 

Le couple d’agriculteurs, qui cultive un hectare de produits maraîchers diversifiés en champ, disposait déjà de deux serres chauffée et semi-chauffée, avant d’en commander une nouvelle de 6,4 mètres sur 46 mètres, en novembre, qui sera non chauffée. 

Par cette acquisition, ils voulaient augmenter leur production de primeurs et de légumes cultivés à l’automne. Finalement, comme ils n’ont pas récupéré la serre à temps pour y faire pousser des légumes hâtifs, ils ne commenceront à s’en servir que plus tard, cet été, notamment pour prolonger la culture de rabioles, de radis, de mescluns, de carotte et de choux raves.

« Ça nous a un peu nui dans nos plans, mais en même temps, il ne fait tellement pas beau que ce n’est pas si pire que ça », témoigne l’agricultrice, dont la nouvelle serre n’a été montée que partiellement, parce qu’il a plu trop souvent jusqu’ici pour finir les travaux. La récolte de légumes cultivés dans les deux autres serres, en revanche, est commencée.