Outre la guerre au Moyen-Orient, qui fait grimper le coût des intrants, la tarification carbone affecte aussi les fermes de pommes de terre, plaident les PPTQ, car elles dépendent fortement du diesel et du propane pour la production et l’entreposage. Photo : Archives/TCN
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S'abonner maintenantSe disant frappés de plein fouet par la hausse du coût des intrants découlant de la guerre au Moyen-Orient et par la tarification carbone, Les Producteurs de pommes de terre du Québec (PPTQ) exigent de l’aide concrète des deux paliers de gouvernement.
Ce sont les revendications qui sont ressorties de la plus récente assemblée générale annuelle de l’organisation, témoigne la directrice générale par intérim de l’organisation, Jennifer Gagné.
Dans un contexte où les négociations s’annoncent ardues avec certains transformateurs pour obtenir des hausses de prix pour leurs légumes, cette dernière s’inquiète pour la santé financière des entreprises, dont les marges de profits ne cessent de fondre, dit-elle.
Selon une analyse de l’indexation des coûts de production que les PPTQ ont demandée à la firme Forest Lavoie Conseil, les fertilisants utilisés par les producteurs de pommes de terre seraient en moyenne 20 % plus chers, cette saison, comparativement à l’an dernier à pareille date, tandis que le coût des carburants serait 40 % plus élevé. Concrètement, la firme calcule que cela aura une incidence de près de 60 000 $ pour une ferme moyenne de 150 hectares au Québec.
À ces frais s’ajoute la tarification carbone, qui affecte aussi ces entreprises de façon considérable, plaident les PPTQ, car elles dépendent fortement du diesel et du propane pour la production et l’entreposage. D’ailleurs, l’organisation estime que les maraîchers et les producteurs de pommes de terre ont été oubliés par le gouvernement provincial, qui a récemment accordé 30 M$ aux producteurs de grains pour contrer les effets de la tarification carbone.
Par voie de résolution, les producteurs de pommes de terre ont demandé à Québec « le remboursement complet, automatique et récurrent de tous les coûts liés à la tarification du carbone ».
Des prêts sans intérêts plus élevés souhaités
Parce qu’ils aimeraient avoir plus de liquidités pour s’approvisionner, dans un contexte où les intrants coûtent cher, les producteurs ont aussi dénoncé, par voie de résolution, que le montant plafond pouvant être prêté sans intérêts, en vertu du Programme de paiements anticipés du gouvernement fédéral, soit désormais de 250 000 $, alors qu’il avait déjà été augmenté à 350 000 $ en 2023. Il s’agissait d’une mesure mise en place dans un contexte où Ottawa avait imposé un tarif douanier de 35 % sur les engrais provenant de la Russie, en solidarité envers l’Ukraine, ce qui avait fait grimper les prix des intrants importés.
Selon le premier vice-président des PPTQ, Pierre-Luc Barré, il est temps que la portion sans intérêts du prêt accordé en vertu de ce programme soit augmentée à 350 000 $, de façon permanente. D’une part, parce que les coûts de production sont de plus en plus élevés et, d’autre part, parce que ça donnerait de la prévisibilité aux producteurs, qui, chaque année, ne savent pas quel sera le montant plafond établi.
« Il faut standardiser, plaide M. Barré. Parce qu’en ce moment, c’est difficile, en tant que producteur, de planifier du long terme, de budgéter. »