Quarante-sept ans après la fondation des Serres Guy Tessier à Saint-Damase, en Montérégie, les activités de l’entreprise ont subitement cessé le 27 février. Photo : Myriam Laplante El Haïli/Archives TCN
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S'abonner maintenantAprès une mise sous séquestre, lancée par la Banque Royale du Canada (RBC), l’un des plus importants fabricants de serres du Québec, Les Serres Guy Tessier et ses quatre filiales, a été mis en faillite le 27 février.
L’entreprise, qui s’est diversifiée dans l’installation de serres (Tessier Services & Plus), le transport (Trans-Dynamique M.B.), la gestion immobilière (Groupe Immobilier Dynamique) et la gestion d’une ferme maraîchère (Gestion Dynamique M.B.), cumulait notamment des dettes de 2,7 M$ envers son principal créancier, RBC, et de 7 M$ envers Financement agricole Canada.
Quarante-sept ans après la fondation des Serres Guy Tessier, à Saint-Damase, en Montérégie, les activités de l’entreprise ont subitement cessé le 27 février. Une trentaine d’employés ont été mis à pied et les bâtiments ont été cadenassés.
Le carnet de commandes de l’entreprise pour la période du 16 février au 30 avril 2026 a été comptabilisé à hauteur de 1,3 M$. Les dépôts qui auraient pu être effectués par des clients dans le cadre de ces commandes seront perdus.
Croissance trop rapide
Les années 2021 et 2022 ont été fastes pour l’entreprise. Le gouvernement du Québec venait de lancer sa Stratégie de croissance des serres – visant à doubler la superficie de production de cultures en serre dans la province – dans un contexte d’engouement pour l’achat local, exacerbé par la pandémie.
Le président des Serres Guy Tessier, Martin Bernier, estime que c’est une croissance trop rapide qui a toutefois mené l’entreprise à sa perte.
Nous avons eu une croissance trop rapide en début de COVID, puis une construction de bâtiments qui s’est éternisée, et connu la hausse fulgurante des taux d’intérêt d’environ 5 % en moins de 12 mois.
En effet, la construction d’une nouvelle usine à Saint-Damase durant cette période a généré un dépassement de coûts de près de 1,5 M$. Puis, en 2023 et 2024, les revenus de l’entreprise ont diminué de près de 50 %.
« Nous avons vécu des années financières plus difficiles en 2023 et 2024, mais avec une belle augmentation du chiffre d’affaires de 20 % en 2025. Malheureusement, ça ne s’est pas avéré suffisant pour notre principal créancier garanti, RBC », a soutenu Martin Bernier.
Dans un préavis hypothécaire publié en octobre 2025, la Banque mentionne que l’entreprise a fourni « des états financiers inexacts et non fiables » qui ne « reflétaient pas fidèlement la situation » en 2024, qu’elle n’a pas été en mesure de se conformer au plan de redressement mis en place au début de l’année 2025 et qu’elle n’a pas entrepris les démarches requises pour vendre l’érablière, détenue par l’une de ses filiales dans les délais prescrits, notamment.
Le séquestre nommé pour administrer l’entreprise, en janvier, a amorcé le processus de vente des actifs de l’entreprise le 4 mars. Les offres seront examinées le 9 avril prochain.
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