Consommation 20 février 2026

Un automate pour vendre des produits locaux 24 h sur 24

Si certains producteurs continuent de s’en remettre à l’honnêteté des clients, en laissant ceux-ci payer pour les produits qu’ils souhaitent acheter au kiosque libre-service à la ferme, d’autres choisissent de se tourner vers des technologies plus récentes, pour maximiser leur potentiel de vente sur les marchés de proximité.

C’est le choix avant-gardiste du couple de producteurs bovin Julie Nadeau et Marc Lapointe, qui ont ouvert, avec leur associée Julie Lapointe, un kiosque dont le décor semble sorti d’un film de science-fiction. Installé à Saint-Césaire, en Montérégie, depuis octobre 2025, le kiosque compte une centaine de casiers blancs, qui entourent le local où les clients peuvent venir récupérer leurs achats faits sur une application mobile. Un code généré après le paiement leur permet d’ouvrir un casier et de récupérer un morceau de viande, un plat préparé ou tout autre produit provenant de producteurs locaux, dans ce distributeur automatique à la fine pointe, en bordure de la route 112.

Marc Lapointe avec son troupeau de vaches Parthenaises, à Roxton Falls, en Montérégie. Photo : Gracieuseté des Élevages Parthenais S.M.
Marc Lapointe avec son troupeau de vaches Parthenaises, à Roxton Falls, en Montérégie. Photo : Gracieuseté des Élevages Parthenais S.M.

Ce système, conçu en France, permet de garder les portes du commerce ouvertes 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, sans avoir un employé sur place en tout temps. « L’objectif est de diminuer le coût en main-d’œuvre, mais je dirais que, présentement, on est encore en rodage, donc c’est pas mal de travail. La cuisine en plus des casiers, c’est un peu plus de gestion qu’on pensait, mais on gère bien quand même », confie Julie Nadeau, coassociée dans l’entreprise Le Casier Bleu. Elle s’attend à ce que les ajustements, autant au système automatique que dans leur fabrication de mets préparés, s’affinent dans les prochains mois pour que l’équipe puisse souffler un peu.

Faire découvrir leur bœuf Parthenais

Julie Nadeau et Marc Lapointe sont d’abord producteurs bovin, copropriétaires des Élevages Parthenais S.M. avec le frère de Marc, Simon. La ferme de 3e génération, située à Roxton Falls, en Montérégie, a été convertie à l’élevage de bœufs de race Parthenaise en 2014. À ce moment, les éleveurs ne se doutaient pas qu’ils se retrouveraient les deux mains dans la pâte, à préparer des repas avec la viande de leur élevage, quelques années plus tard. « Au début, on voulait faire découvrir notre produit, qui est un produit haut de gamme, encore peu connu. Mais les repas qu’on a d’abord fait faire chez des traiteurs n’étaient pas à la hauteur de nos attentes », confie Julie Nadeau. Ils ont donc décidé de les faire eux-mêmes, en investissant dans une bâtisse de Saint-Césaire, où ils ont aménagé une cuisine d’un côté, et le comptoir libre-service de l’autre. À cela s’ajoutent quelques tables et un micro-ondes pour les clients qui veulent manger sur place.

Comme on est ouvert la nuit, la fin de semaine, on a souvent des camionneurs ou des policiers qui s’arrêtent ici pour manger. 

Julie Nadeau

Quant à leur système automatique, les clients apprécient généralement leur expérience, observe-t-elle jusqu’ici. « C’est simple à utiliser, et ils sont souvent impressionnés quand ils rentrent », dit-elle.

Les casiers ont différentes grandeurs et peuvent être réfrigérés ou congelés, ce qui offre différentes options pour la vente des produits. L’achalandage n’a toutefois pas encore atteint le niveau souhaité, regrette Mme Nadeau, qui signale que le commerce manque actuellement un peu de visibilité. Un problème auquel les coassociés souhaitent remédier rapidement, en cherchant des subventions pouvant les aider financièrement pour installer une enseigne détachée.

Le projet rend aussi service à des producteurs agricoles du secteur, qui peuvent laisser des produits en consigne dans une portion des casiers. « On a déjà cinq collaborateurs qui vendent leurs produits ici, et un boulanger qui pourrait s’ajouter prochainement, quand il obtiendra son permis de consignation [et de vente en gros] afin de pouvoir vendre ses produits par notre intermédiaire. Nous, on se garde une marge sur les vente, et eux sont vraiment heureux de pouvoir profiter d’un autre point de vente pour leurs produits », précise-t-elle.