Vincent Leblanc affirme avoir réussi à faire pousser de bonnes quantités de morilles en champs et en milieu forestier, le printemps dernier. Photo : Gracieuseté de Vincent Leblanc
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S'abonner maintenantSAINTE-LUCIE – Après de nombreux essais, un myciculteur des Laurentides, Vincent Leblanc, est parvenu à faire pousser de bonnes quantités de morilles en champ et en milieu forestier, au printemps passé. Un quasi-exploit au Québec, où il est possible d’en faire la cueillette sauvage, mais beaucoup moins courant d’en cultiver.
« Ce n’est pas développé du tout », affirme le propriétaire de la ferme Violon et Champignon, à qui La Terre a rendu visite en décembre.
Mon objectif, c’est de développer la culture de la morille pour qu’on soit capables d’en faire et qu’on arrête d’en importer de la Chine.
C’est que le partage d’informations sur la production de ce champignon était rare, voire inexistant, jusqu’à tout récemment, explique-t-il. C’est avec l’émergence d’articles scientifiques en provenance de la Chine et de la France, ces dernières années, et de groupes d’échanges sur les réseaux sociaux, qu’il a pu acquérir des connaissances sur le sujet. Puis, en faisant ses propres essais, cet agronome friand de recherche et développement est parvenu à produire des mycéliums adaptés aux conditions du Québec.
Beaucoup de travail reste à faire, cependant, pour trouver la technique idéale de culture de ce champignon dans le sol. Car si certaines des parcelles de Vincent Leblanc ont été productives, le printemps passé, d’autres ne l’ont pas été du tout. Un simple détail relatif à la variété de mycélium choisie, à l’emplacement, à la luminosité, à la gestion de l’irrigation ou encore à la température peut changer la donne complètement quant aux rendements obtenus. Mais l’agriculteur ne se laisse pas décourager par ce casse-tête, persuadé qu’il finira par trouver la recette parfaite.
« Il faut juste être motivé… et un peu geek aussi », admet avec humour celui qui se spécialise dans la production de mycéliums et qui offre des formations sur la culture d’une grande diversité de champignons.

Actuellement, de nouvelles variétés de morilles qu’il a semées en champ, à l’automne, sont en dormance sous la neige, certaines protégées par un géotextile, d’autres non. Qu’est-ce qui sera le plus efficace pour passer à travers la saison hivernale? Il le saura au moment des prochaines récoltes, au printemps. Ce sera aussi l’occasion de poursuivre ses essais avec l’irrigation au goutte-à-goutte, car selon ce qu’il constate, cette technique d’arrosage semble la meilleure.
De la morille en bac
À cette période de l’année, les activités au champ sont sur pause à la ferme Violon et Champignon et les étagères servant à l’entreposage des mycéliums qu’elle produit sont presque toutes vides. C’est la saison morte, mais Vincent Leblanc ne chôme pas pour autant. Le moment est idéal pour tester la culture de la morille, cette fois en milieu fermé.
En faisant faire le tour du propriétaire à La Terre, l’agriculteur désigne plusieurs bacs bleus qui se trouvent sur le sol. À première vue, ils semblent servir à ranger du matériel, mais en enlevant le couvercle, on réalise qu’ils sont plutôt remplis de terre. La présence d’une poudre blanche dans certains contenants laisse entrevoir que des morilles y pousseront et que les essais seront fructueux.
« On voit la croissance du mycélium dans le terreau qui a été vraiment rapide, ajoute l’agriculteur. Lui, je l’ai inoculé le 18 novembre, et c’est déjà blanc, donc c’est vraiment bon. J’ai joué avec la température, parce que la morille, il faut jouer avec la température. C’est vraiment plus complexe que les autres champignons. »
En complément à la culture extérieure de morilles, l’agriculteur souhaite maîtriser celle en bac pour prolonger la saison, mais aussi parce que cette technique présente des avantages, notamment en ce qui a trait à la gestion des ravageurs, qui est plus facile. À l’instar de ce qu’il produit dehors, du peaufinage reste cependant à faire pour trouver les conditions de culture parfaites en milieu fermé. De quoi l’occuper grandement en attendant le printemps.