Mathilde Bouchard, administratrice de la Coopérative de solidarité Gaïa, Frédéric Lacroix, administrateur, et Mélodie Desrosiers, fondatrice et directrice, dans l’une des serres de tomates de la ferme. Photos : Geneviève Quessy
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S'abonner maintenantPOINTE-AUX-OUTARDES – La Coopérative de solidarité Gaïa, de Pointe-aux-Outardes, sur la Côte-Nord, fêtera 18 années d’existence en 2026. Avec son équipe stable, ses jardins productifs et ses méthodes culturales nordiques éprouvées, elle pourrait se développer davantage. Or, le marché de distribution auquel elle a accès ne le lui permet pas.
Ses terres cerclées de haies brise-vent de conifères, situées sur la presqu’île de Pointe-aux-Outardes, offrent encore beaucoup d’espace pour développer de nouveaux jardins. Pourtant, pour l’instant, la Coopérative Gaïa n’entend pas cultiver plus d’un hectare et demi, une surface à laquelle s’ajoutent quelques serres.

Gaïa produit 40 variétés de légumes et herbes biologiques, qu’elle distribue sous forme de paniers hebdomadaires à 150 abonnés. Le reste de la production est écoulée au Marché public de Baie-Comeau et dans quelques petits commerces et restaurants. Ici comme ailleurs, faire entrer ses produits dans les grandes surfaces est très difficile, voire impossible, pour un petit producteur.
« On a beaucoup de superficie, mais on ne pourrait pas produire plus. Avec 150 abonnés, on a atteint la limite des consommateurs intéressés », explique Mathilde Bouchard, administratrice de la coopérative.
La vente des légumes au Marché public de Baie-Comeau s’améliore d’année en année, mais ce n’est pas suffisant pour croître.
« Les gens prennent l’habitude d’aller au marché public. On voit que l’intérêt se développe, mais ça demeure marginal. Il y a beaucoup d’éducation à faire pour faire comprendre aux gens l’intérêt de consommer local et bio », ajoute Mélodie Desrosiers, fondatrice et directrice de la coopérative.
En attendant, Gaïa tire quand même son épingle du jeu.
Ce n’est pas la vente de légumes qui est rentable, mais tout le reste : accompagnement, vente de plants, aménagements chez des particuliers, projets de recherche auxquels on participe », énumère.
Les membres de la Coopérative Gaïa aimeraient quand même que du financement à la mission soit mis en place pour appuyer les petits producteurs dans leur situation.
« On vend nos légumes moins chers qu’au Marché Jean-Talon. J’ai été surprise de le constater à ma dernière visite, et pourtant, ils coûtent plus cher à produire à cause de notre éloignement et des conditions nordiques. C’est nous qui devons absorber la différence. Si on veut développer une agriculture résiliente en région nordique, il faut appuyer la production », insiste Mélodie Desrosiers.
La fin du marché mobile
Le projet de marché mobile, mis en place par Innovation et développement Manicouagan (ID Manicouagan), n’a pas été reconduit l’été dernier. Après deux ans d’existence, ce projet visant à alimenter les petits villages éloignés en légumes frais directement auprès des consommateurs et via les épiceries et dépanneurs n’a pas eu le succès escompté.
« En 2022, on a observé une forte affluence en début de saison, mais le nombre de visiteurs diminuait progressivement chaque semaine, entraînant une baisse des ventes. La même tendance s’est répétée en 2023. Le marché mobile n’a pas complété sa saison et a cessé ses activités à la fin d’août 2023 », explique Annie Beaulieu, conseillère aux entreprises et responsable des marchés publics de la Manicouagan chez ID Manicouagan.