Ideal Can, un fabricant de boîtes de conserve de Saint-Apollinaire, vise une production annuelle totalisant plus de deux milliards de contenants au Québec et en Ontario d’ici 18 mois. Photo : Gracieuseté d’Ideal Can
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S'abonner maintenantLe transformateur Nortera, qui emballe ses légumes dans des boîtes de conserve fabriquées aux États-Unis avec de l’acier canadien, affirme payer ses contenants 15 % plus cher depuis l’imposition de tarifs douaniers sur ce matériau par l’administration Trump. Mais bonne nouvelle : un fabricant de conserves québécois en pleine expansion arrive à la rescousse avec une option locale potentielle vers laquelle se tourner.
« On a bonne confiance que d’ici l’été prochain, on va être capables de commencer à utiliser des boîtes de conserve [québécoises] », a assuré le président-directeur général de Nortera, Hugo Boisvert, lors de l’assemblée générale annuelle des Producteurs de légumes de transformation du Québec. Actuellement, la majorité des contenants qu’utilise le transformateur vient des États-Unis, faute d’option canadienne pour l’approvisionnement en gros volumes.

Un grand projet d’expansion de plusieurs dizaines de millions de dollars, entrepris par le fabricant québécois de boîtes de conserve, Ideal Can, pourrait néanmoins changer la donne. Avec l’ajout de lignes de production, l’entreprise vise une production annuelle de plus d’un milliard de contenants de différents formats, d’ici 18 mois, à son usine de Saint-Apollinaire, près de Québec. C’est quatre fois plus que sa capacité du début de 2025, selon ce qu’affirme son copropriétaire, Érick Vachon, qui précise qu’elle produira 600 millions de boîtes par année à compter de juin.
Ideal Can investit aussi massivement en Ontario, où elle aura deux autres usines. L’une d’elles, qui est en processus de démarrage, aura aussi une capacité de production annuelle de plus d’un milliard de conserves, comme celle du Québec, tandis que l’autre transformera de l’acier canadien pour approvisionner les deux usines de fabrication de contenants. Érick Vachon explique vouloir rapatrier au Canada cette tâche qui est actuellement exécutée aux États-Unis.
« Ma plus grande ambition, en ce moment, c’est de soutenir notre indépendance pour qu’on arrête d’avoir les mains attachées avec les États-Unis », fait valoir celui qui aspire à ce que son entreprise devienne un maillon incontournable de la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire canadienne.
« Il est temps qu’on protège notre chaîne agroalimentaire. C’est bien beau avoir des producteurs agricoles qui cultivent des légumes locaux et des transformateurs, mais ça prend aussi des boîtes pour les mettre dedans », insiste celui qui se positionne déjà comme fournisseur de contenants pour l’emballage de tomates en dés, de fèves au lard, de soupe et parfois de sirop d’érable.
Nortera fait partie des nouvelles entreprises agroalimentaires ayant démontré de l’intérêt à se tourner vers Ideal Can pour s’approvisionner en contenants. Elle en est à tester les boîtes de conserve du fabricant de Saint-Apollinaire pour « s’assurer qu’il y a une belle compatibilité avec [ses] équipements », précise Hugo Boisvert.
« C’est bon pour l’économie québécoise et canadienne et on prend un peu le contrôle de notre destinée en ayant ça ici, pas très loin. Ça nous permet de minimiser notre risque au niveau des tarifs américains », affirme-t-il.