Jimmy Downey récolte – et poursuit – le fruit du travail des deux générations qui l’ont précédé. Photos : Gracieuseté de Jimmy Downey
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S'abonner maintenantÀ la recherche de l’arbre de Noël parfait depuis des décennies, les membres de la famille Downey, producteurs de sapins et pépiniéristes de père en fils, se rapprochent du but. Ils ont développé et entrepris la commercialisation de deux nouvelles variétés, vouées à un bel avenir, selon Jimmy Downey.
« J’ai réalisé que l’arbre parfait n’existe pas vraiment, dit-il. Mais on peut s’en rapprocher en enlevant [par croisements génétiques] les caractéristiques qu’on n’aime pas. »
Pour l’heure, les arbres produits du croisement des sapins coréen et baumier, ainsi que des sapins coréen et lasiocarpa, sont ce qui se rapproche le plus de la perfection, estime celui qui représente la troisième génération au sein de l’entreprise de Hatley, en Estrie.
« Ils vont prendre leur place sur le marché parce qu’ils s’adaptent bien aux changements climatiques, dit-il. Ils bourgeonnent plus tardivement, font plus de racines et ils tolèrent mieux les terres marginales et la sécheresse. »

Sur le plan esthétique, le sapin coréen lasiocarpa se distingue en outre par sa couleur bleutée, qui attire le regard. Il est offert cette année pour la première fois sur le marché québécois, au marché Jean-Talon, à Montréal.
Toutefois, il ne se retrouvera pas à grande échelle dans les foyers du Québec de sitôt. La production de sapins, échelonnée sur une dizaine d’années, en est une de longue haleine, rappelle Jimmy Downey.
Variété populaire
Également développé par les Downey, le sapin coréen baumier a pour sa part une longueur d’avance sur le coréen lasiocarpa. « Il est sorti de la recherche et développement, affirme M. Downey. On commence la production en gros. »
Selon lui, la vente de transplants de cette variété est en augmentation. « Nos clients ont tellement aimé ça au champ qu’ils en veulent plus, lance le producteur. Il faut répondre à la demande. On va en semer plus, d’année en année. »

Selon lui, le coréen baumier, qui conserve ses aiguilles plus longtemps et a une bonne croissance, est appelé à prendre une place grandissante au Québec et ailleurs dans une dizaine d’années. L’entreprise vend d’ailleurs des semences en Europe et aux États-Unis.
Réussite
« C’est une grande réussite pour notre entreprise », affirme Jimmy Downey.
Celui-ci dit, en fait, récolter – et poursuivre – le fruit du travail des deux générations qui l’ont précédé. Son grand-père, Patrick, et son père, Larry, ont multiplié le travail d’hybridation au fil du temps, avec des résultats tantôt concluants, tantôt mitigés.
Pour chaque bonne variété qu’on trouve, on a dû en essayer 14.
Jimmy Downey a par ailleurs le regard tourné vers l’avenir et souhaite relever d’un cran le travail d’hybridation. Pour ce faire, l’embryogenèse et l’analyse approfondie de la génétique transmise par les plants mères sont dans sa mire.
« Tous les producteurs au niveau mondial cherchent activement de nouvelles variétés qui s’adaptent bien aux changements climatiques », dit le producteur.
La sapinière et pépinière Downey a un modèle plutôt unique d’intégration verticale, allant de la semence jusqu’à l’autocueillette. La ferme a fait l’acquisition de deux terres ces dernières années, portant sa superficie en culture à 170 hectares.