Le vaccin IBRON est appliqué par voie aérienne (spray), dans les couvoirs, dans les heures suivant la naissance des poussins. Photos : Gracieuseté de Les Couvoiriers du Québec
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S'abonner maintenantLa filière avicole a décidé de faire front commun pour contrer la bronchite infectieuse aviaire. Une nouvelle stratégie provinciale de vaccination a été mise en œuvre au début octobre.
Cette stratégie s’articule autour du nouveau vaccin IBRON, récemment homologué au Canada. Elle rallie les vétérinaires qui œuvrent dans les couvoiriers, mais également ceux de l’ensemble de la filière, explique le médecin vétérinaire Jean-François Doyon.
L’objectif : développer une immunité collective.
Si on a une masse critique d’oiseaux vaccinés, c’est comme ça qu’on va réussir à contrecarrer le virus de la bronchite infectieuse aviaire.
En d’autres mots, ajoute-t-il, meilleure sera l’immunité collective, plus elle contribuera à « diminuer la pression d’infections régionales ».
Selon lui, ce virus représente un véritable enjeu depuis une dizaine d’années dans la production avicole. Il peut entraîner des problèmes avec le système reproducteur des poulettes d’élevage, ainsi que des difficultés respiratoires et rénales chez les poulets de chair.
Le syndrome rénal s’est d’ailleurs accentué depuis deux ans, selon Jean-François Doyon. Et si le virus était auparavant plus cyclique, avec une augmentation de son activité au printemps et à l’automne, c’est de moins en moins le cas.
« Avant, c’était le calme plat l’été, mais on a des cas plus sévères depuis quelques années durant cette saison », souligne le vétérinaire.
D’où l’introduction du nouveau vaccin IBRON, qui a déjà fait ses preuves aux États-Unis. Ce vaccin permettra de contrôler la souche sauvage Delmarva.

Dans les couvoiriers
Le vaccin IBRON ne nécessite aucun rappel. Il est appliqué par voie aérienne (spray), dans les couvoirs, dans les heures suivant la naissance des poussins. Il est en outre combiné avec le vaccin déjà utilisé pour couvrir la souche Mass du virus, précise le Dr Jean-François Doyon.
« Ça fait en sorte que deux souches vaccinales sont données aux poussins, explique-t-il. Selon les différentes études réalisées, c’est ce qui apporte la protection la plus élargie contre la bronchite infectieuse aviaire. »
Aux premières loges de la mise en œuvre de la stratégie provinciale de vaccination, « le conseil d’administration des Couvoiriers du Québec a entériné la recommandation de nos vétérinaires pour aller de l’avant », fait pour sa part valoir la directrice générale de l’organisation, Julie Boudreau.
Celle-ci précise néanmoins que les producteurs peuvent opter ou pas pour la vaccination. Mais en pratique, dit-elle, très peu s’y opposent.
Selon le vétérinaire Jean-François Doyon, qui, de son côté, effectue le suivi dans les couvoirs de Sollio Agriculture à Victoriaville et Ange-Gardien, en Montérégie, la situation sera réévaluée dans un an, soit à l’automne 2026. « L’ensemble de la filière va se mobiliser pour avoir des données et vérifier si la stratégie apporte une plus-value », dit-il.
Selon le communiqué émis par Les Couvoiriers du Québec, le protocole de vaccination entraîne un coût supplémentaire de 0,017 $ par poussin. Mais « les bénéfices attendus en termes de santé animale et de performance permettront de compenser largement cet investissement », est-il souligné.