Différents instruments de recherche font partie de l’exposition sur la pomme de terre. Photos : Maurice Gagnon
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S'abonner maintenantLe Musée québécois de l’agriculture et de l’alimentation de La Pocatière consacre sa nouvelle exposition à un tubercule qui a façonné l’histoire, l’économie et l’imaginaire collectif du Québec : la pomme de terre. Inaugurée le 24 septembre, « Pomme de terre : entre science et tradition » sera présentée pendant un an et propose un parcours immersif dans lequel patrimoine, recherche et culture populaire se rencontrent.
L’exposition met d’abord en lumière le rôle central de la Côte-du-Sud dans le développement de la filière au Québec et au Canada. « On fait découvrir autant la pomme de terre que la région », résume Maryse Hénault-Tessier, directrice générale du musée.
À travers des panneaux explicatifs et des photographies issues des archives régionales, les visiteurs revivent l’histoire agricole de La Pocatière et des localités voisines, qui ont vu naître des initiatives pionnières de recherche et d’amélioration variétale.
Des portraits de figures marquantes ponctuent le parcours. Parmi eux, Henri Généreux, Elzéar Campagna et Philippe Lajoie, surnommé le « roi de la patate », y sont présentés comme des bâtisseurs de l’expertise québécoise. Leurs travaux et leur engagement ont contribué à moderniser la production et à diffuser de nouvelles pratiques auprès des producteurs.

Science et culture populaire
Au-delà du volet patrimonial, l’exposition plonge le public dans l’univers scientifique de la culture de la patate. Reproductions en cire de maladies et d’insectes, matériel d’enseignement ancien et instruments agricoles illustrent les défis phytosanitaires auxquels les producteurs ont dû faire face. Quatre courts métrages tournés par l’abbé Proulx dans la région complètent cette section en montrant, avec un brin de nostalgie, la chimie de la pomme de terre et les techniques de lutte d’autrefois.
« Des artefacts uniques – tel le journal de bord d’un employé du centre de recherche La Parmentière à Saint-Roch-des-Aulnaies – témoignent du quotidien des chercheurs et des agriculteurs au début du 20e siècle », souligne Claudia Larin, conservatrice au musée et responsable de la sélection des objets présentés. À cette époque, la recherche sur la pomme de terre était jugée si stratégique que certains scientifiques étaient exemptés de service militaire pour continuer leurs travaux.
Plus ludique, une section donne à entendre des chansons inspirées de la pomme de terre et à découvrir des produits actuels issus de sa transformation. Pilons en bois, ustensiles de cuisine et affiches rétro rappellent que ce tubercule est à la fois aliment de base et symbole identitaire. La scénographie crée une ambiance chaleureuse et conviviale.
À noter qu’une exposition itinérante sur la poutine vient de s’ajouter au menu du musée. « Celle-ci explore le célèbre plat québécois sous l’angle de sa diffusion internationale et de sa diversité contemporaine, tout en poursuivant la mise en valeur de la pomme de terre et de ses multiples usages », mentionne Maryse Hénault-Tessier.