Régions 17 octobre 2025

Du sarrasin cultivé à la main sur la Côte-Nord

RAGUENEAU – Francis Forcier, du Jardin de l’Ours endormi, cultive des petits fruits et produit du miel à Ragueneau, sur la Côte-Nord. Mais depuis quelques années, sa passion est de cultiver du sarrasin à la main. 

Francis Forcier sème à la volée et récolte avec une faucille.

« On défriche, on part de loin. C’est assez néolithique », lance-t-il, en arpentant son champ de sarrasin, bordé par les ruches, qui s’étend sur un tiers d’hectare.

Le producteur a conçu cette machine pour battre ses épis de sarrasin et en récolter les grains.
Le producteur a conçu cette machine pour battre ses épis de sarrasin et en récolter les grains.

« C’est un terrain vague qu’on développe tranquillement, défriché à bras, avec des pelles, des pioches et une chainsaw. Pas le choix, il n’y a pas vraiment de terres agricoles disponibles sur la Côte-Nord », dit-il en montrant la végétation serrée qui couvre encore la majeure partie des lieux.

Comme d’autres agriculteurs qui ont adopté cette culture dans les dernières années, faisant passer la production de sarrasin de la province de 3 700 tonnes métriques en 2020 à 7 912 tonnes quatre ans plus tard, M. Forcier souhaitait assurer la sauvegarde de cette culture ancestrale.

Ç’a commencé il y a cinq ans, parce que je voulais me faire un gruau. J’ai mis plein de grains. Je voulais tout essayer parce que je ne connaissais pas mon fond de terre, puis c’est le sarrasin qui est sorti du lot. Les abeilles se sont mises là-dedans, alors je me suis dit que ce serait all in sarrasin.

Francis Forcier

Francis Forcier a fait une formation apicole au collège d’Alma, mais pour le reste, il a appris sur le tas, par essais et erreurs. « En faisant ça, je repasse par où nos ancêtres sont passés avant moi et je comprends mieux pourquoi on fait les choses de telle façon. Quand je coupe avec la faucille, j’ai l’impression de retourner dans une mémoire ancestrale du geste, quelque chose qui est imprimé très profond dans l’humain », dit le producteur.

Francis Forcier s’est fabriqué lui-même une machine pour battre les épis et récolter les grains de sarrasin, qu’il passe ensuite au moulin pour faire de la farine.

« L’année passée, j’ai moulu 130 livres de grains. Ça prend quelques jours, mais ça se fait bien. Après, on tamise et on met la farine en sacs. » Sa production s’écoule dans les marchés publics de la région et, s’il en reste, sur la boutique en ligne.