Agrotourisme 17 octobre 2025

Un kiosque à la ferme qui fait 60 % de son chiffre d’affaires en 4 jours  

Sur une route principale du Centre-du-Québec, des voitures se suivent et actionnent toutes leur clignotant en vue de tourner dans le même rang. C’est à se demander où tous ces gens peuvent bien se diriger. Ils s’en vont visiter l’une des fermes participantes de la Balade gourmande, un événement agrotouristique qui a pris de l’ampleur depuis ses débuts, il y a 25 ans, avec des retombées économiques dépassant les 2 M$ en deux fins de semaine.

« Les ventes qu’on fait lors de la Balade, c’est la pièce angulaire de notre mise en marché. C’est vraiment un bon 60 % de nos ventes annuelles qui se passent seulement en quatre jours », résume Kevin Poirier, propriétaire de Maple Wagyu, une ferme de Sainte-Sophie-d’Halifax. 

En cette journée particulièrement chaude pour un 12 octobre, il est impressionnant de voir les visiteurs converger vers sa ferme et braver une interminable file d’attente leur permettant de goûter un morceau de bifteck, de saucisse ou de viande fumée. La boutique qui se trouve à la fin des dégustations est également bondée.

Kevin Poirier, propriétaire de Maple Wagyu, accompagné de son fils, apprécie le succès de la Balade gourmande, un événement qui lui permet de réaliser près de 60 % de ses vents en quatre jours.
Kevin Poirier, propriétaire de Maple Wagyu, accompagné de son fils, apprécie le succès de la Balade gourmande, un événement qui lui permet de réaliser près de 60 % de ses vents en quatre jours.

L’an passé, on a eu 5 200 visiteurs et cette année, il fait vraiment beau, alors on va atteindre les 7 000 personnes au total en quatre jours. C’est débile! On est vraiment chanceux d’avoir ça. Ce serait bien différent pour ma mise en marché sans la Balade.

Kevin Poirier

À quelques kilomètres de chez lui, les deux propriétaires de La Pintarade, à Princeville, sont tout aussi enthousiastes. « On a trois congélateurs vides. On manque de stock. C’est dur de planifier, car je pense qu’il est venu, à date, le double de monde que l’an dernier. Même si on vend dans plusieurs points de vente, la Balade, c’est 35 % de notre chiffre d’affaires annuel en 4 jours! Ça vaut vraiment la peine. Pour donner un exemple, on a eu un kiosque [dans un événement à Québec] et ce qu’on a vendu là-bas en 60 heures, on le vend en 15 minutes à la Balade », explique l’éleveur de pintades Bruno Guérard.

Son équipe demandant à chaque visiteur sa provenance, il remarque une présence très forte des gens de la grande région de Montréal. « Il vient beaucoup de monde de l’extérieur. Ça montre que la publicité fonctionne. Et 9 personnes sur 10 ne connaissaient pas la Balade avant cette année. Ça veut dire qu’on a encore du potentiel », évalue-t-il. 

Retombées de 2,2 M$

Le concept de la Balade gourmande repose sur six circuits de couleurs différentes séparant les 42 fermes et huit marchés éphémères. Par exemple, Maple Wagyu et La Pintarade font partie du circuit jaune, tandis que le circuit rouge inclut la Miellerie King, de Kinsey Falls. « On a vraiment senti une augmentation des ventes encore cette année avec la Balade, une super belle croissance d’au moins 20 % de plus. Ça représente une grosse partie de notre chiffre d’affaires annuel. C’est un levier extraordinaire pour des entreprises comme la nôtre », se réjouit René Bougie, copropriétaire de la miellerie. 

Bruno Guérard et Chantal Mondor ont commencé avec 800 pintades il y a huit ans et en comptent 3 200 aujourd’hui. Chantal Mondor souligne l’importance de transformer la viande de pintade en différents produits, une stratégie qui se révèle nettement plus lucrative que simplement vendre les oiseaux entiers. Elle produit même des crèmes hydratantes avec le gras de pintade et des boucles d’oreilles avec les plumes!
Bruno Guérard et Chantal Mondor ont commencé avec 800 pintades il y a huit ans et en comptent 3 200 aujourd’hui. Chantal Mondor souligne l’importance de transformer la viande de pintade en différents produits, une stratégie qui se révèle nettement plus lucrative que simplement vendre les oiseaux entiers. Elle produit même des crèmes hydratantes avec le gras de pintade et des boucles d’oreilles avec les plumes!

Selon les chiffres de Josée Cloutier, coordonnatrice de la Balade gourmande, l’événement affichait des retombées économiques de 1,1 M$ en 2016 pour atteindre 2,2 M$ en 2024, une année où l’achalandage a frôlé les 40 000 visiteurs en quatre jours. « J’ai fait une entrevue avec le fondateur et il disait qu’à l’époque, la Balade était simplement une idée pour prolonger la saison agrotouristique en octobre. Tranquillement, on a trouvé un filon prometteur d’amener les gens directement à la ferme. Aujourd’hui, beaucoup d’événements gourmands ou de circuits ailleurs au Québec ont été inspirés par la Balade », affirme-t-elle.