Agrotourisme 21 octobre 2025

Quand un événement agrotouristique fait naître des fermes

La Balade gourmande fête ses 25 ans, et non seulement elle crée des retombées économiques cruciales pour le secteur agrotouristique du Centre-du-Québec, mais elle a même fait naître des fermes, dont la Meillerie King. « Quand on a commencé en 2014, nous étions des gentlemen farmers. On a commencé à vendre notre miel dans un mini marché de la Balade. On a vu que les gens en achetaient. L’année suivante, on arrivait avec plus de produits, comme des sauces; ensuite, du baklava, et un petit peu à la fois, on a lâché nos jobs pour vraiment travailler à fond dans notre miellerie », explique le copropriétaire René Bougie. Aujourd’hui, son entreprise participe toujours à la Balade, à la différence qu’elle reçoit les gens dans ses propres installations, en misant sur ses employés et une vingtaine de bénévoles pour arriver à faire goûter son large éventail de produits aux nombreux visiteurs. 

La Pintarade est une autre qui doit une fière chandelle à la Balade. « Quand on a commencé, on se demandait où on était pour vendre nos produits. On a décidé d’en faire tout l’été pour les vendre juste à la Balade, et ç’a fonctionné. Si la Balade n’avait pas existé, je pense qu’on ne serait jamais partis, car ici, on n’est pas dans un coin très touristique », expose Bruno Guérard. Il ajoute que leur fils, qui doutait de leur projet de pintade il y a huit ans, vient de décider de démarrer sa production d’agneaux, motivé par le succès de la pintade de ses parents et parce qu’il évalue que la Balade sera là pour lui permettre de vendre ses produits, rapporte son père.

Des agriculteurs peaufinent leur art du marketing

Recevoir les visiteurs à la ferme est une chose; faire croître leurs achats en est une autre. Plusieurs entreprises sur le circuit de la Balade gourmande ont compris qu’il valait mieux étaler le plus possible les produits en sections pour stimuler les achats. La Pintarade, par exemple, a accueilli les visiteurs avec une personne qui leur faisait goûter un échantillon de terrine juste à côté d’un présentoir de bocaux de terrine. Une autre personne a fait goûter la rillette; une autre, la mousse de pintade; une autre, les poitrines, les saucisses et ainsi de suite. Chaque fois, avec le présentoir du produit venant d’être goûté. Bruno Guérard explique qu’ils ont même acheté de plus gros paniers afin que les gens y mettent davantage d’articles. Chez Maple Wagyu, les échantillons de viande étaient soigneusement apprêtés afin de les rendre le plus savoureux et goûteux, une façon de convaincre davantage les gens d’en acheter. Un kiosque central vendait des sauces utilisées dans les dégustations et un mini-restaurant sur place proposait des burgers de Wagyu aux visiteurs. Ce sont là autant de façons de mousser les ventes totales et de satisfaire les clients. 

Chaque produit avait presque son mini kiosque à La Pintarade.
Chaque produit avait presque son mini kiosque à La Pintarade.

Quelques arrêts en chemin…


Les dégustations offertes par l’abattoir de proximité Rosé Mignon étaient populaires lors de la Balade gourmande. « On fait l’abattage et la découpe pour les éleveurs de bœufs et de porcs du coin. Eux nous encouragent et nous les encourageons en vendant leur viande. On offre plein de produits maison avec leurs viandes, différentes coupes, des saucisses, du jambon. Ici, c’est vraiment local », dit Cynthia Turgeon, gestionnaire de cette entreprise de Sainte-Sophie-d’Halifax.

Alexandre Bergeron a établi un partenariat avec un producteur d’olives de Grèce. « J’ai commencé avec 1 000 kilos et, maintenant, je lui prends sa récolte de 19 tonnes par année, qu’on transforme ici, avec des ingrédients les plus locaux, comme le fromage bleu et de l’ail de Sainte-Élizabeth-de-Warwick, du fromage de Saint-Eugène, etc. », énumère le propriétaire de l’entreprise Olivier Del Mondo.

Produire du cidre avec des pommes fortes en caractère, mais sans les acheter et sans posséder de verger, voilà le concept original d’Arthabaska Fermentation Sauvage. Le copropriétaire Benoit Pelletier et son équipe repèrent des pommiers sauvages et non traités qui se trouvent sur des propriétés privées. Ils cognent à la porte des propriétaires et, en échange de bouteilles, ils récupèrent les pommes. « Ce sont des pommes moins sucrées que celles des vergers, mais avec plus de caractère. Ça fait un excellent cidre », indique M. Pelletier.

 

La Microbrasserie Jackalhop, à Plessisville, fait pousser environ 60 tonnes d’orge sur ses terres. Cette ferme brassicole possède aussi une plantation de framboisiers, qui sert notamment à produire sa bière Frambweisse. Le copropriétaire Marc-Olivier Pouliot dit produire près de 120 000 litres de bière par année.