L’enjeu de la contamination par les OGM, un problème potentiel dans la culture du maïs, doit lui aussi être pris au sérieux. Photo : Archives/TCN
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S'abonner maintenantL’utilisation de semences conventionnelles non traitées par les producteurs biologiques au Québec se fait de plus en plus selon les règles établies, c’est-à-dire après avoir vérifié la disponibilité d’une version biologique.
« Il y a un phénomène de conscientisation, estime Guillaume Camirand, directeur général de la Coop Agrobio. Il y a beaucoup de communication de notre part, mais aussi de la part d’Ecocert et de l’Agence canadienne d’inspection des aliments. »
Il souligne que plusieurs producteurs québécois fournissent le marché américain, en tourteau, en moulée ou en grains, et que les autorités là-bas n’entendent pas à rire quand il est question de l’intégrité de la filière biologique.

« Les gros producteurs aux États-Unis, que ce soit Perdue ou Bell & Evans, ont des volumes tellement énormes; ils ne peuvent pas risquer d’avoir des scandales. Je crois que nos producteurs au Québec ont saisi l’importance de la chose parce que le bio, ça repose sur la confiance du consommateur envers une certification. On ne peut pas se permettre de jouer avec ça », poursuit Guillaume Camirand.
David Proulx, directeur général de RDR Grains et Semences, à Nicolet, croit que la semence conventionnelle non traitée a encore sa place dans le marché bio, mais dans un contexte très précis.
« Si un client te demande une variété particulière qui ne se fait pas en bio, il faut que tu puisses l’approvisionner. Même nous, comme producteur de semences, on part parfois avec du conventionnel, puis après une ou deux années, on utilise nos semences fondation et enregistrées [voir encadré Cinq générations de semences] pour faire de la certifiée. Mais comme producteur, si tu l’utilises juste pour une question d’argent alors qu’elle est disponible en version bio, ça me fait douter de toi. »
Le semencier souligne que le producteur bio a la responsabilité de tester la semence bio dans ses champs avant de recourir à la conventionnelle. « Chez nous, la plupart de nos clients sont rendus bio. Nous n’avons presque plus de produits conventionnels dans notre liste de prix, à part par exemple le pois fourrager qu’on ne trouve pas encore en bio », poursuit David Proulx.
Guillaume Camirand se montre optimiste pour la suite des choses. « Auparavant, les producteurs nous appelaient pour avoir des lettres de non-disponibilité, mais maintenant, les appels sont pour vérifier ce que nous avons de disponible. Nous sommes en train de bâtir un portefeuille intéressant. On est rendus avec de la semence de trèfle. On le vend, notre stock; on ne se retrouve pas avec des inventaires non vendus. Nos chiffres pour la semence de maïs sont toujours en hausse chaque année », souligne le directeur général de la Coop Agrobio, qui dit sentir une volonté des producteurs de se conformer à des paramètres biologiques de plus en plus élevés.
Contamination par les OGM
L’enjeu de la contamination par les OGM, un problème potentiel dans la culture du maïs, est aussi pris au sérieux par les deux intervenants. La Coop Agrobio fait par exemple uniquement affaire avec des compagnies habituées à transporter des grains bio.
On veut bâtir une filière avec une traçabilité irréprochable. On voit de plus en plus d’acteurs dans le marché bio au Québec qui se sont équipés pour faire des tests de qualité scientifique afin de détecter des OGM, pas juste des tests de bandelettes comme on retrouvait auparavant.
« Dans le maïs bio canadien, il va toujours y avoir une contamination qui va varier entre 0 et 1 % dans un lot. Même un semencier européen n’est pas à l’abri s’il fait produire ses semences aux États-Unis ou en Amérique du Sud, souligne de son côté David Proulx. Si tu commences avec de la semence qui est déjà à 0,5 % ou 1 % et que tu as de la dérive de pollen qui vient du champ voisin, tu augmentes tes pourcentages de contamination », conclut-il.
Cinq générations de semences
• Sélectionneur : la semence originale créée par le sélectionneur;
• Sélect : la semence produite à partir de celle du sélectionneur;
• Fondation : la semence produite à partir de la semence sélect;
• Enregistrée : la semence produite à partir de la semence fondation;
• Certifiée : la semence produite à partir de la semence enregistrée.