Olivier Barbeau indique que les 400 nouveaux tuyaux d’aluminium de 4 pouces de diamètre et de 30 pieds de long (comme sur la photo), dont il aurait eu besoin pour prolonger ses installations en cet été de sécheresse, auraient nécessité des investissements de 112 000 $, soit 32 000 $ de plus que l’an dernier. Photo : Gracieuseté d’Olivier Barbeau
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S'abonner maintenantDes maraîchers auraient eu besoin d’investir pour améliorer leur système d’irrigation en pleine sécheresse, cet été, mais s’en sont abstenus lorsqu’ils ont constaté que la guerre des tarifs douaniers avait fait bondir radicalement le prix des équipements faits en aluminium.
Un producteur de Saint-Michel, en Montérégie, Olivier Barbeau, fait par exemple remarquer que les tuyaux d’aluminium de 4 pouces de diamètre et de 30 pieds de long, fréquemment utilisés par les maraîchers pour transporter l’eau des bassins jusqu’aux champs, coûtent désormais 280 $, alors qu’ils se vendaient environ 200 $, l’an dernier. C’est donc dire que les 400 nouveaux tuyaux dont il aurait eu besoin pour prolonger ses installations, en cet été d’intense sécheresse et de canicule, auraient nécessité des investissements de 112 000 $, soit 32 000 $ de plus que l’an dernier.
« Normalement, nos équipements suffisent, mais cette année, non. À un moment donné, il fallait qu’on irrigue tout en même temps et on ne pouvait pas aller partout. On aurait investi dans les tuyaux d’irrigation, mais oublie ça, avec les tarifs, ce n’est pas le temps d’acheter », témoigne le maraîcher, qui a préféré assumer des pertes de rendement, plutôt que d’améliorer son système d’irrigation.
Doubles tarifs
Dominic Poupart, directeur des ventes chez Dubois Agrinovation, qui fournit du matériel d’irrigation et horticole pour les maraîchers, explique que les tuyaux d’aluminium pour transporter l’eau sont fabriqués aux États-Unis, mais que la matière première provient en majorité du Canada. Les fabricants américains doivent donc payer des droits de douane de 50 % pour s’approvisionner en aluminium servant à concevoir les équipements. Ensuite, les entreprises québécoises comme Dubois Agrinovation paient à leur tour 25 % de surtaxe pour faire venir le produit fini des États-Unis.
« Ça tombe à double tarif, donc c’est sûr que ça fait exploser le prix », note M. Poupart, spécifiant qu’en plus de payer une taxe douanière de 25 % à l’importation, son entreprise assume des hausses de prix substantielles chargées par ses fournisseurs américains. Pour cette raison, il explique maintenir ses stocks au plus bas possible, en souhaitant une potentielle abolition des tarifs.
Beaucoup de produits tarifiés
Outre les tuyaux d’aluminium, beaucoup d’équipements d’irrigation vendus au Québec, tels que des gicleurs, des régulateurs, des filtres ou des valves, sont importés des États-Unis, mais ont d’abord été conçus en Israël ou en Europe. Or, les Américains paient aussi de nouveaux droits de douane à ces pays, pour ces produits qu’ils revendent ensuite à leurs clients canadiens à prix plus élevé.
Étude de rentabilité dans la pomme de terre
Plus de la moitié des superficies de pommes de terre, à travers la province, ne sont pas irriguées, actuellement, selon une estimation des Producteurs de pommes de terre du Québec. Dans un contexte de changements climatiques où une meilleure gestion de l’eau deviendra primordiale, ils ont commandé une étude pour documenter la rentabilité de s’équiper et de s’organiser pour pouvoir irriguer. « On sait que c’est minimum 2 000 $ d’investissement de l’acre en infrastructures pour une ferme moyenne qui part de zéro, et ça n’implique pas les coûts de ta gestion au quotidien, mais en contrepartie, tu vas chercher des gains en rendements importants en irrigants », indique le président de l’organisation, Francis Desrochers, précisant que l’étude n’est pas terminée et que les résultats seront dévoilés prochainement.