Économie 30 septembre 2025

Des frais de réparation salés

Après un été où les équipements d’irrigation ont marché à fond, un maraîcher de Notre-Dame-de-Lourdes, dans Lanaudière, Yohan Perreault, appréhende une facture salée pour réparer ses installations, cet hiver.

 « J’ai sauté deux moteurs et j’ai des pompes qui ont mal été. La machinerie d’irrigation, quand tu t’en sers beaucoup comme cette année, avec des moteurs qui sont sous pression tout le temps, ça fait des frais de réparation qui sont énormes », indique-t-il. « Quand tu irrigues, ce n’est pas juste de mettre du diesel dans le moteur. Quand tu utilises l’équipement 8 heures en ligne, à pleine capacité, tu l’uses plus que ça devrait en une année ».  

35 % plus cher

De façon générale, le prix des équipements d’irrigation est de 35 % plus élevé qu’en 2019, avant que la COVID-19, la guerre en Ukraine et les tarifs douaniers fassent grimper les coûts, calcule Dominic Poupart, le directeur des ventes chez Dubois Agrinovation, qui fournit du matériel aux maraîchers.

« Un enrouleur, qui se vendait 65 000 $ en 2019, coûte au-dessus de 100 000 $ aujourd’hui », indique-t-il à titre à titre d’exemple.

Yohan Perreault s’estime chanceux d’être déjà bien équipé pour l’irrigation dans ce contexte d’augmentation des coûts et de n’avoir maintenant qu’à payer pour l’entretien.

J’imagine le gars qui n’est pas équipé et qui veut commencer à s’équiper. Ça va lui coûter une méchante beurrée!

Yohan Perreault

Plus rentable d’assumer les pertes que de s’équiper

La majorité des producteurs de grandes cultures et certains maraîchers n’irriguent pas et n’envisagent pas, à court terme, de s’équiper pour le faire, estimant que ce ne serait pas rentable. Le copropriétaire de la ferme J.P.L. Maraîcher, Frédéric Leblanc, explique qu’en plus du matériel, il devrait creuser des lacs artificiels pour arroser ses 100 hectares de rutabagas et ses 48 hectares de carottes, car il n’y a aucun cours d’eau à proximité de ses terres de Saint-Anselme, dans Chaudière-Appalaches.

« On ne s’est jamais informés sur combien ça coûterait, mais juste creuser les lacs, avoir les permis, acheter tout l’équipement, ce serait des centaines de milliers de dollars, minimum », calcule le maraîcher. « Les légumes racines, ce ne sont pas les légumes les plus sensibles à la sécheresse, donc l’irrigation n’est pas quelque chose qu’on envisage pour l’instant, mais éventuellement, si les conditions deviennent trop intenses, peut-être qu’on n’aura pas le choix », admet-il.