Culture 8 septembre 2025

Les soyas vedettes de 2026

Grains a interviewé 14 semenciers au sujet des soyas qu’ils jugent les plus prometteurs pour 2026. Vous aimeriez en savoir plus? Rendez-vous au laterre.ca/soya-prometteurs-2026 pour plus de détails techniques sur ces hybrides.


Daniel deMoissac (Brevant)

Directeur de territoire chez Brevant pour l’est de l’Ontario, le Québec et les Maritimes, Daniel deMoissac suggère comme premier choix le B095EE (2 775 UTM), une nouvelle variété à haut potentiel de rendement avec une forte tolérance à la moisissure blanche. « C’est une nouvelle variété de soya chez Altoya qui présente une couverture de canopée forte, idéale pour semer dans les rangées larges. Il offre une bonne combinaison de stabilité et d’émergence. Étant donné qu’il a la technologie Enlist, on peut donc utiliser notre 2-4D Colex D comme outil d’herbicide. Nous l’avons dans quelques champs cette année pour la semence et il performe bien. » Comme seconde proposition, Daniel deMoissac suggère le B135EE (2 850 UTM), une nouvelle variété qui vient aussi avec une forte tolérance à la moisissure blanche. « C’est une excellente option pour les terres fertiles. Il va faire sa canopée très rapidement, donc on le sème lui aussi aux 30 po. Il vient avec un gène de résistance SCN de Peking pour la résistance au nématode à kyste au lieu du PI 88788 qu’on voit généralement. C’est toujours bon d’apporter des changements dans les champs », note le représentant de Brevant.


Jean Goulet (Semican)

Jean Goulet, vice-président recherche chez Semican, propose comme premier cultivar le Prostar (2 400 UTM), une variété de soya hâtive à haute protéine (47,1 %). « Pour les zones nordiques comme Alma, c’est très intéressant. Il offre un rendement relativement bon pour sa maturité, avec une bonne vigueur au semis. C’est l’un des soyas les plus élevés en protéine qui se fait au Québec. » Semi-buissonnant avec croissance indéterminée, il peut être semé aux 7 ou 15 po. Comme second choix, Jean Goulet opte pour le AAC Halian (2 550 UTM), un soya natto offrant une bonne vigueur au printemps avec un bon potentiel de rendement. « C’est un soya natto qu’on met en commercialisation pour l’exportation. Nous faisons de bons contrats de rachat sur celui-là. » Comme troisième suggestion, Jean Goulet propose le Baltazar (2 875 UTM), un soya pour la zone 1 offrant un rendement stable année après année, avec un niveau de protéine suffisant pour l’exportation. « C’est un soya qui a du bon rendement, qui fait bien aux 15 ou aux 30 po, en semis direct ou travail de sol. C’est un soya bien adapté à nos conditions », conclut le vice-président recherche chez Semican.


Hicham Fram (Ceresco)

Directeur agronomique et acheteur chez Ceresco, Hicham Fram propose comme premier soya le Forto (2 850 UTM), un cultivar adapté pour tout type de sol et qui peut être semé entre 15 et 30 po, avec une bonne tolérance aux maladies et à la verse. « C’est un plant qui est agressif végétativement, qui sort vite du sol et qui couvre bien. Il est capable de fermer à 30 po et offre un bon potentiel de rendement. Forto a terminé premier en 2023 et 2024 dans son groupe de variétés aux essais du RGCQ. » Comme seconde proposition, Hicham Fram suggère le Molto (2 700 UTM), un plant semi-buissonnant à semer avec un espacement entre les rangs de 7,5 à 22 po. Cette variété offre également un très bon potentiel de rendement. « C’est une nouvelle variété à haute protéine qu’on commercialise depuis une couple d’années. Étant donné son haut taux de protéine, c’est un soya qui offre une grosse prime. Il performe très bien dans les sols moyennement lourds ou lourds comme les terres argileuses ou les loams argileux », ajoute Hicham Fram.


Annie Desrosiers (Corteva)

L’agronome chez Pioneer Annie Desrosiers suggère comme premier choix le P007Z82E (2 450 UTM), un nouveau soya hâtif de la série Z qui démontre un excellent potentiel de rendement avec un départ agressif. « C’est la première année qu’on va l’avoir au champ. C’est un soya qui possède une très bonne combinaison agronomique pour la pourriture de tige brune, le phytophthora et son gène NKS. Il est très bien adapté pour les régions hâtives comme dans l’est du Québec. » Comme seconde suggestion, Annie Desrosiers propose le P11Z72E (2 800 UTM), un autre soya de la série Z qui occupe déjà une grande place dans le marché au Québec et doté d’un gène de résistance au NKS Peking. « C’est une variété qui se démarque par son rendement et sa stabilité à travers plusieurs environnements. De plus, c’est un soya qui regroupe de très bonnes tolérances contre la moisissure blanche, le phytophthora, la pourriture brune de la tige et le syndrome de la mort subite. Pour nous, c’est un coup de cœur pour les régions comme le Centre-du-Québec et la Montérégie. »


François Forest (Semences Pride)

Chez Semences Pride, le premier choix de François Forest se porte sur le PS0944XRN (2 775 UTM), une variété alliant excellente émergence, vigueur et très bonne tenue et offrant un bon développement, même en conditions difficiles. « C’est une variété qui va couvrir une grande géographie en termes de maturité. Elle peut être semée dans les zones allant de 2 700 à 2 900 UTM. Même dans les terrains argileux, en conditions de semis direct ou de travail réduit, sa croissance agressive couvrira rapidement l’entre-rang », explique l’agronome. Dans des sols plus légers et fertiles, on en limitera la population afin de bien s’assurer que l’ensemble des plants atteignent leur plein potentiel. Il s’agit d’une variété avec un bon développement végétatif qui peut être semée dans des espacements larges (20 à 30 po). Comme second choix, François Forest penche pour le PS0098XR (2 500 UTM), un soya qui performe très bien, peu importe les conditions au champ. « C’est une variété flexible au niveau de l’espacement, qui peut être semée aux 30 po. C’est un soya avec une très bonne tolérance au stress et un fort potentiel de rendement. C’est un excellent choix en combinaison avec des céréales d’automne sans sacrifier sur le rendement », conclut le représentant de Semences Pride.


Jessica Aubé-Loiselle (Sevita)

Représentante des ventes chez Sevita International, Jessica Aubé-Loiselle suggère deux variétés de soya pour l’alimentation humaine avec une bonne demande pour l’export. Tout d’abord, le Roxton (2 575 UTM) est une nouvelle variété hâtive avec une très bonne tenue offrant d’excellents rendements en essais précommerciaux. C’est une bonne option pour un producteur qui voudrait semer un blé d’automne par la suite. Il possède un gène de protection contre le nématode à kyste ainsi qu’un gène de résistance au phytophthora (RPS1C). Comme second choix, Jessica Aubé-Loiselle propose le Dundee (2 700 UTM), une autre nouvelle variété recherchée par les producteurs de tofu du monde entier, à très haute teneur en protéine avec une prime élevée. Son plant élancé convient à un large éventail de conditions et possède un gène de protection contre le nématode à kyste ainsi qu’un gène de résistance au phytophthora (RPS1C).


Éric Boulerice (Syngenta)

Éric Boulerice, spécialiste des semences chez Syngenta, propose comme premier choix le S06-A3XF (2 675 UTM), un soya doté de la technologie XtendFlex avec une excellente émergence et une très bonne tenue. « C’est une variété qui est stable année après année. C’est un plant qui produit beaucoup de branches, ce qui fait qu’il peut être semé à n’importe quel espacement, et indépendamment du type de sol. C’est une variété qui prend de l’ampleur auprès de nos producteurs. » Doté de la combinaison de gènes Rps1k/3a, le S06-A3XF offre une bonne tolérance à la sclérotinia et une remarquable tolérance au phytophthora. Comme deuxième suggestion, Éric Boulerice présente le S11-A4E3 (2 825 UTM), une excellente variété qui performe dans tous les types de sols avec une bonne émergence. « C’est une des très bonnes variétés Enlist au Québec en ce moment. En termes de performance, c’est un soya qui est stable année après année. Il offre une très bonne tenue et peut lui aussi être semé dans tous les espacements. » Doté des gènes Rps1k/3a, le S11-A4E3 présente une très bonne tolérance au phytophthora et à la sclérotinia.


Pascal Larose (Maizex)

Pascal Larose, chef de produits et de l’agronomie chez Semences Maizex, propose les soyas Grizzly R2X (2 600 UTM) et Viper R2X (2 775 UTM). « Ce sont deux soyas de pointe qui combinent trois aspects essentiels à la réussite lorsque l’on cultive du soya au Québec : le rendement, le profil agronomique et la technologie de désherbage », note l’agronome en ajoutant que le potentiel de rendement permet de générer des revenus. « Le profil agronomique comme la tolérance à la sclérotinia, la résistance au phytophthora ainsi que la tenue des tiges à la récolte est essentiel afin de permettre aux cultivars de soya d’exprimer leur plein potentiel de rendement. Finalement, la technologie de désherbage combinée à votre génétique permet une flexibilité afin de solutionner les problèmes de mauvaises herbes les plus coriaces. On peut donc faire ses choix de cultivars de soya de façon éclairée en combinant ces trois aspects pour tirer profit au maximum de son choix de soya », conclut Pascal Larose.


Phil Bailey (SeCan)

Chez SeCan, Phil Bailey propose dans un premier temps le Béliveau R2X (2 750 UTM), un soya avec une bonne vigueur au champ qui compte plusieurs gènes de résistance dans son bagage. « Il est résistant au nématode à kyste du soya, mais encore plus intéressant, il a deux gènes de résistance contre le phytophthora, qui est la maladie que les producteurs commencent à voir apparaître de plus en plus dans les champs. C’est un excellent choix pour les sols mal drainés. » Comme second choix, Phil Bailey propose le Cullen XF (2 650 UTM), une variété de soya XtendFlex dotée d’un ensemble complet de gènes de résistance, dont le SCN et une double pile de gènes phytophthora. « C’est une variété qui offre également une excellente vigueur en début de saison. C’est une plante de taille moyenne avec un couvert intermédiaire. Elle est très tolérante à la pourriture du phytophthora avec un rendement élevé pour sa catégorie de maturité », explique le représentant de SeCan.


Alexandre Tessier (Prograin)

L’agronome chez Prograin Alexandre Tessier propose pour 2026 le soya Akila HO (2 800 UTM), une variété à haute teneur en acide oléique parfaite pour l’alimentation des vaches laitières. « C’est une nouvelle variété conventionnelle chez Prograin. On sort un peu des sentiers battus avec ce soya-là. Il y a plusieurs études aux États-Unis qui démontrent qu’une alimentation de la vache laitière avec un soya à haute teneur en acide oléique permet d’augmenter la matière grasse dans le lait. C’est un plant assez branchu qu’on va positionner aux 15 po. » Comme seconde suggestion, Alexandre Tessier cite le Embro E3 (2 850 UTM), une variété Enlist qui offre un excellent potentiel de rendement avec la protection SCN Peking. « C’est un soya qui vient combler un trou qu’on avait dans notre portfolio chez Prograin dans les variétés tardives, souligne Alexandre Tessier. Il est vraiment adapté à la région de la Montérégie. En plus de ses performances, il présente une résistance au nématode à kyste avec le SCN Peking au lieu du PI 88788 qu’on a l’habitude d’avoir. Ça permet de faire la rotation dans les champs en termes de tolérance sur le nématode à kyste », conclut l’agronome.


Gabrielle Croft (Dekalb)

Agronome pour Bayer Canada, Gabrielle Croft propose dans un premier temps le DKB11-11XF (2 850 UTM), une variété de soya très branchue, avec une excellente émergence, très bien adaptée au semis direct et prête à être récoltée rapidement à l’automne. Elle est dotée de la technologie XtendFlex qui lui confère une tolérance à trois herbicides, soit le dicamba, le glyphosate et le glufosinate. « C’est une variété avec un excellent potentiel de rendement qui est adaptée à tous les types de sols et tous les espacements. On suggère de diminuer la population lorsque positionné à des espacements de 15 po et moins vu son architecture très buissonnante. » Comme second choix, Gabrielle Croft propose le DKB009-96 (2 525 UTM), une variété de soya de taille moyenne à grande et bien adaptée pour le semis direct. « Il se positionne dans tous les types de sols et tous les espacements. C’est une excellente alternative un peu plus hâtive que le DKB03-25 pour les producteurs qui veulent semer du blé d’hiver. » Notons que les deux variétés sont résistantes à la race 3 du nématode à kyste du soya et sont munies d’un gène de résistance au pourridié phytopthoréen Rps1c.


Daniel Barré (Synagri)

Expert en soya chez Synagri, Daniel Barré propose dans un premier temps le Kyoto (2 650 UTM), un soya IP conventionnel qui offre une combinaison gagnante de rendement, de tenue et de résistance à la sclérotinia. « Kyoto, c’est une variété qu’on a depuis plusieurs années, qui performe très bien au niveau de la Montérégie. C’est une variété qui est bien appréciée parce qu’elle se récolte tôt. Donc, les producteurs peuvent faire le blé d’automne après. Elle a une bonne prime depuis plusieurs années. C’est une variété qui est adaptée de 7 po aux 30 po. La grosse force de Kyoto, c’est sa résistance à la sclérotinia. Dans les 10-15 dernières années, c’est celle qui s’est le mieux classée au niveau de la RGCQ. » Comme second choix, Daniel Barré y va avec le Ikeda (2 725 UTM), un autre soya IP conventionnel très branchu, donc idéal pour semer aux 30 po. « Dans nos essais privés en 2024, c’est la variété qui a le mieux performé. Peu importe les espacements, même si on variait la population, il y avait très peu d’effet sur la diminution de rendement. Comparativement à d’autres variétés, comme Kyoto où ça prend une assez bonne population, l’Ikeda performe très bien à des populations plus faibles », ajoute le représentant de Synagri.


Darren McColm (Windfield United – Croplan)

Directeur technique chez Windfield United qui commercialise les soyas Croplan, Darren McColm propose dans un premier temps le CP0922WPX (2 775 UTM), une variété dotée de la technologie Xtend, qui atteint une haute moyenne à sa maturité et qui offre une excellente résistance aux maladies comme la moisissure blanche et le phytophthora. « C’est un soya qui fonctionne bien sur n’importe quelle largeur et qui s’adapte bien à tous les types de sols, que ce soit de la glaise ou du sable. Il peut même être semé dans les champs moins productifs. Il a tendance à aller chercher ce dont il a besoin pour faire un bon rendement. Vu qu’il a une émergence supérieure à la moyenne, c’est une variété qui passe très bien dans le semis direct. » Comme deuxième suggestion, Darren McColm y va avec le CP1222WPE (2 875 UTM), un soya doté de la technologie Enlist3 qui présente une bonne tolérance à la sécheresse. « C’est une variété avec un potentiel de rendement élevé sur les sols productifs, qui affiche une forte émergence, donc idéale pour le semis direct elle aussi. Peu importe la largeur du rang, 15 ou 30 po, il travaille très bien. Dans les conditions stressantes, il surpasse d’autres variétés. Souvent, en août, c’est le mois qui fait le soya parce que les conditions sont parfois plus difficiles, mais lui, il est capable de passer au travers. »


David Proulx (RDR Grains et Semences)

Développé par Céréla et vendu exclusivement par RDR Grains et Semences, le Raymond (2 450 UTM ou MR 00.6) est une variété hâtive, idéale pour les producteurs bio qui veulent semer du blé d’automne. « C’est un soya que les producteurs du Centre-du-Québec et de Saint-Hyacinthe vont sortir à la fin septembre ou au début octobre. L’avantage de ce soya, c’est qu’on peut en faire une rotation à trois cultures. Dans les régions plus éloignées, ça va être un soya pleine saison », indique le directeur général David Proulx. Le Raymond se distingue également par son haut taux de protéine, avec une moyenne de 47 %. « Ça peut être intéressant pour les producteurs qui torréfient leur soya à la ferme directement. » Comme second choix, David Proulx propose le OAC Union (2 875 UTM), une variété à gros grains pouvant atteindre 82 cm et un taux de protéine de plus de 40 %, à pubescences grises et produisant plusieurs gousses en tête. « C’est une canopée intermédiaire qu’on peut semer aux 30 po et qui démontre un excellent rendement pour sa maturité », précise le directeur général. Le OAC Union se démarque également pour son excellente résistance au nématode à kyste du soya, de plus en plus présent au Québec.