Recherche 8 septembre 2025

Les soyas de demain sur la table des chercheurs

Depuis 2021, les superficies de soya récoltées au Québec dépassent celles du maïs-grain. Portés par cet élan, les semenciers ne ménagent aucun effort dans leurs recherches visant à développer de nouvelles variétés plus hâtives ou de nouveaux gènes de résistance à des maladies de plus en plus résilientes.

« Le CÉROM [Centre de recherche sur les grains] travaille entre autres à développer des traits génétiques spécifiques pour le soya afin de développer des variétés plus hâtives aptes à être cultivées dans des régions plus nordiques, comme le Saguenay–Lac-Saint-Jean », explique Yvan Faucher, agronome et conseiller en grandes cultures au MAPAQ. 

Du côté des gènes de résistance, le PI88 788 commence à montrer ses limites face au nématode à kyste du soya (NKS). « Aux États-Unis, il est contourné à peu près à 80 % et ça va arriver éventuellement chez nous », prévoit l’agronome. Quelques variétés dotées du nouveau gène Peking seront d’ailleurs ­proposées en 2026 aux producteurs québécois pour combattre le NKS.

Quant au phytophthora, il est toujours d’actualité.

Il y a eu plusieurs gènes de résistance sur le marché, mais actuellement, la tendance, c’est de développer des variétés multigéniques. L’idée, c’est d’offrir une résistance de type horizontale plutôt que verticale avec un ou deux gènes spécifiques.

Yvan Faucher

La sclérotiniose demeure aussi bien présente dans les champs de soya de la province, mais moins qu’auparavant dans le sud-ouest du Québec. « Certains chercheurs croient que c’est dû au réchauffement des températures. La sclérotiniose, c’est une maladie de climat frais », mentionne le conseiller. 

En ce qui concerne la résistance aux herbicides, le secteur cherche à développer des types de soya résistants à plusieurs groupes. En ce moment, les technologies Enlist et Xtend sont résistantes à trois groupes, comprenant trois matières actives. Des soyas résistants à quatre groupes d’herbicides, incluant cinq matières actives, devraient arriver sur le marché prochainement, conclut Yvan Faucher.