La pomme de variété Ginger Gold fait partie des premières prêtes à cueillir au Verger du Pirate, situé dans l’ouest de la Montérégie, où le climat est un peu plus chaud que dans d’autres régions. Photos : Patricia Blackburn / TCN
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S'abonner maintenantFRANKLIN – La saison bat son plein au Verger du Pirate, en Montérégie, où les pommes au mûrissement plus hâtif permettent de lancer la saison de l’autocueillette avec quelques semaines d’avance.
Plusieurs familles déambulaient déjà à travers les rangées d’arbres aux branches bien garnies de fruits quand La Terre s’est arrêtée au verger, le 22 août. « On est bien connus ici et on a nos habitués qui savent que la cueillette commence tôt. On leur a fait connaître nos variétés hâtives depuis vingt ans. Mais c’est vrai que quand les gens sont encore en camping et que les enfants n’ont pas encore commencé l’école, ça peut être difficile de penser aux pommes », admet Serge Boileau, fondateur du verger.

Ce dernier explique que plusieurs de leurs variétés hâtives, comme la Sunrise, se conservent moins longtemps que les autres, soit « une à deux semaines au frigo », mentionne-t-il. Pour l’autocueillette et la vente au kiosque, qui représente l’essentiel de leur mise en marché, cette particularité ne cause pas de problème et peut même être positive, puisqu’elle leur permet d’étendre la saison sur une plus longue période. Or, pour la vente en gros dans les épiceries, ces pommes sont moins populaires, souligne Éric Rochon, président des Producteurs de pommes du Québec.

Les épiciers n’aiment pas trop ça. C’est bon pour la vente directe aux consommateurs, comme dans les marchés publics, sinon, ça reste minime [comme ventes].
Il souligne également que changer les habitudes représente un énorme défi, « alors que dans le folklore québécois, la saison des pommes rime encore avec la rentrée scolaire », rappelle-t-il.
Pour cette raison, les efforts de développement sont plutôt orientés sur les variétés de pommes dites tardives. Cette notion d’hâtif et tardif varie toutefois beaucoup d’un climat à l’autre. Au Verger du Pirate, par exemple, qui se situe dans une région où le mûrissement des fruits a « une à deux semaines d’avance par rapport au reste de la Montérégie », mentionne M. Boileau, les pommes de variétés Ginger Gold et Paulared sont déjà prêtes à croquer dès la mi-août, alors qu’ailleurs, elles mûrissent au début de septembre. « Elles sont toutes bonnes, mais la Sunrise, c’est mon coup de cœur parmi nos hâtives. Elle est juteuse, avec une bonne balance entre l’acidité et le sucre », confie Thomas Chénard, qui a récemment racheté le Verger du Pirate avec ses parents.

Le nouveau trio de propriétaires, qui ne vient pas du milieu agricole, est en apprentissage accéléré avec le pomiculteur Serge Boileau, qui assure la transition de son entreprise jusqu’à la fin de la saison. « J’ai grandi dans une famille de très gros pomiculteurs de la région et j’ai toujours travaillé plusieurs heures par semaine dans les vergers. Quand je vais arrêter, ça va quand même être un gros changement! » appréhende ce dernier.
Le manque d’eau depuis le début de l’été est venu à bout de plusieurs vieux pommiers, qui devront être coupés.
De vieux pommiers à la mine basse
Le manque de pluie dans plusieurs régions du Québec cette saison explique la mine basse des plus vieux pommiers du Verger du Pirate, en Montérégie. « On a un système d’irrigation pour nos plus récents arbres, mais pas dans la plus vieille partie du verger », mentionne le pomiculteur Serge Boileau. Pour aider leurs arbres à traverser la sécheresse, l’équipe a augmenté la fréquence d’arrosage dans les sections desservies par le système d’irrigation, et a enlevé des pommes pour alléger les branches des arbres non irrigués afin de leur donner une chance de s’en sortir. Malgré leurs efforts, une vingtaine d’arbres devront être coupés, surtout les plus vieux, « dont certains de 70 ans qui auraient pu produire jusqu’à environ 100 ans », estime M. Boileau. Ce dernier a conseillé à sa relève, Thomas Chénard, d’investir dans un système d’irrigation qui couvrira l’entièreté du verger, qui compte huit hectares. « Avec le réchauffement climatique, on n’a plus le choix, maintenant, d’irriguer partout », constate-t-il. Malgré tout, les fruits sont nombreux dans les pommiers, quoiqu’un peu plus petits que la moyenne.