Isabelle, Luc et le reste de la famille Machabée exploitent 40 000 plants de bleuets en corymbe répartis dans quatre entreprises différentes. Caroline Morneau/TCN
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S'abonner maintenantFRANKLIN – Après avoir acheté une récolteuse, il y a quelques années, des producteurs de bleuets en corymbe de Franklin, en Montérégie, viennent de faire l’acquisition d’une machine coûteuse qui trie et emballe les petits fruits fraîchement cueillis. Ils font partie des rares au Québec, dans cette culture, à mécaniser leurs pratiques, avec l’objectif de vendre d’importants volumes aux grandes chaînes de supermarchés.
« On n’est pas encore dans les grandes chaînes, mais ce serait le but, éventuellement », résume Isabelle Machabée, que La Terre a rencontrée, le 31 juillet, avec son père, Luc, dans l’une des bleuetières exploitées par leur famille.
« On veut rentrer dans les chaînes, mais on veut être capables de leur offrir nos produits à des prix qui font compétition au New Jersey et à la Colombie-Britannique. Eux, ils sont mécanisés et font des gros volumes; ça leur permet de venir vendre pas cher ici. Pour compétitionner avec ça, il faut réduire nos coûts de main-d’œuvre », fait remarquer le producteur. Or, la récolteuse, précise-t-il par exemple, nécessite l’implication de trois employés, mais en remplace vingt qui font le travail manuellement.

40 000 plants dans quatre entreprises
Ensemble, les Machabée possèdent plus de 40 000 plants dans quatre entreprises différentes et embauchent une quarantaine de travailleurs. La nouvelle trieuse a été acquise par le frère d’Isabelle, Emmanuel, et son partenaire, Maxime Beaudry, mais sera utilisée par tous les membres de la famille.
En mettant leur production en commun pour avoir du volume et en partageant la machinerie, ils visent un gain d’efficacité, qui leur permettra de vendre leurs bleuets à un prix qui sera à la fois alléchant pour les grandes chaînes et profitable pour eux. L’été 2025 en sera un de tests, comme l’explique Vincent Meloche, le conjoint d’Isabelle.
Ce sera la première saison avec un peu plus de machinerie. Est-ce que c’est rentable? Où est-ce qu’on est capables de couper? Comment est-ce qu’on poursuit la croissance? Est-ce qu’on coupe des parcelles de nos vergers qui sont désuètes pour replanter des bleuets? C’est tout ça qu’on va analyser.
Au Québec, les cultures de bleuets en corymbe sont souvent marginales, fait remarquer M. Meloche. Rares sont les fermes possédant suffisamment de plants pour approvisionner les bannières et les exportateurs, d’où l’intérêt de développer ces marchés, selon lui.
À ce jour, la famille Machabée vend surtout ses bleuets à des distributeurs, notamment à la Place des producteurs de Montréal, qui approvisionnent les fruiteries et les kiosques. Depuis l’an dernier, ils en vendent aussi à des exportateurs.
« L’idée, ce serait de délaisser la distribution [vers les kiosques et les fruiteries] au peak de la saison, quand il y a trop d’abondance et que les prix tombent. On irait plutôt dans les supermarchés et on en enverrait plus à l’exportation », dit Vincent Meloche.
Huit heures en une avec la trieuse
Selon leurs premiers tests, les producteurs constatent que 12 personnes doivent veiller au bon fonctionnement de leur nouvelle trieuse et emballeuse, sauf que ces employés exécutent en une heure ce qui en prendrait huit, normalement, à la main. La machine nettoie les bleuets, en enlevant les excédents de feuilles et de bouts de branches, puis les place dans des chopines en plastique – soit les contenants acceptés par les grands détaillants et les exportateurs – et ferme les couvercles. Certains employés doivent alimenter la machine en fruits à nettoyer, avant que les bleuets commencent leur parcours sur un long convoyeur. Durant le processus, d’autres font des retouches et s’assurent que tous les fruits sont bien propres avant d’être emballés. À la ligne d’arrivée, des personnes s’occupent de l’empaquetage final dans des boîtes.