Régions 21 juillet 2025

Un nouveau camp de jour agroalimentaire en Abitibi-Ouest

La Société d’aide au développement des collectivités d’Abitibi-Ouest (SADC-AO) propose aux préadolescents de ses communautés rurales un tout nouveau camp de jour articulé autour de la filière agroalimentaire. La première mouture du Camp des jeunes racines connaît un succès bœuf auprès de cette clientèle entre deux âges.

Par une chaude journée d’été, une vingtaine de jeunes, chaussés de bottes de caoutchouc, chapeaux vissés sur la tête, prennent place à bord d’une voiturette tirée par un tracteur. Au milieu du champ où se sont enchaînés les vêlages au cours des derniers jours, les questions adressées à l’éleveur bovin Rémi Morin fusent de toutes parts : c’est-tu toi le propriétaire ? Est-ce que les veaux vont avoir des cornes ? Est-ce qu’on peut les flatter ?

« Non, on ne flattera aucun veau parce que les mamans ne sont pas nécessairement douces. Elles ne te laisseront pas les toucher », répond tout sourire le propriétaire de la Ferme des Mariniers, à Sainte-Hélène-de-Mancebourg, précisant que les veaux n’auront pas de cornes puisque contrairement à leur mère à longues cornes, leur géniteur n’est pas de race Long Horn.

Au cours de la semaine, les jeunes visiteront ainsi quatre fermes, tantôt en productions animales, tantôt en productions maraîchères, pour se familiariser avec les réalités du monde agricole. En plus de sensibiliser les jeunes à la provenance des aliments et au travail nécessaire pour les produire, ce camp de jour nouveau genre répond à un besoin de la communauté, assure l’animateur sociocommunautaire de la SADC, Benjamin Brassard.

L’agriculteur Rémi Morin aime partager ses connaissances avec les préadolescents du Camp des jeunes racines. En plus de la production bovine, le Ferme des Mariniers possède plusieurs animaux de basse-cour, chèvres, moutons, cochons et chevaux.

De la ferme à l’assiette

« À partir de 10 ans, ils ne peuvent plus aller au camp de jour et il y a comme un temps de latence où ils ne savent pas trop quoi faire jusqu’à ce qu’ils puissent travailler, à partir de 14 ans. On le voyait avec les familles, c’était vraiment un besoin qu’on voulait combler », fait-il valoir.

Avant de mettre les pieds à la Ferme des Mariniers, les agriculteurs en herbe sont aussi invités, par diverses activités, à se familiariser avec la chaîne agroalimentaire.

Ils ressortent avec de nouvelles connaissances. On parle de gaspillage. Tout au long de la semaine, on leur fait découvrir des produits locaux dans les collations, du fromage de la Ferme Fromabitibi ou de la Vache à Maillotte. On va aussi cuisiner des produits locaux.

Benjamin Brassard

C’est d’ailleurs l’idée de goûter à ce qui est produit sur leur territoire qui emballe Samuel Roy et Benjamin Proulx, 10 ans, tous deux de Poularies. « On fait des activités et c’est cool. Ce que j’ai préféré? J’ai tout aimé en fait ! », déclare Benjamin après avoir flatté lapins, chèvres, cochons et moutons, nourri des émeus avec des herbes fraîches et donné des carottes à un cheval. « Moi j’ai hâte de faire de la cuisine la dernière journée, renchérit Samuel, intrigué par la recette de brochettes de bœuf au menu. Et aussi d’aller voir les moutons [de la Ferme Abitibienne] cet après-midi ! »

S’il est encore tôt pour confirmer la reconduite de l’initiative, les éloges de parents portent à croire que l’intérêt est là. « On termine le jeudi soir et le vendredi matin, il y a des parents qui nous ont appelés pour nous demander si leurs enfants pouvaient participer aux autres semaines. Si on se fie aux commentaires tant des jeunes, des parents, du milieu, on a déjà de la demande pour l’année prochaine » laisse tomber Benjamin Brassard.