Les vaches de Simon Ménard étaient sur leur 36 lors du passage de La Terre à la Ferme Mébeck, le 2 mai. Photos : Caroline Morneau/TCN
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S'abonner maintenantSAINT-PIE – À première vue, de l’extérieur, l’étable principale de la Ferme Mébeck semble bien ordinaire. C’est lorsqu’on y entre que la rigueur au travail hors du commun de son propriétaire, Simon Ménard, saute aux yeux. Des vaches Holsteins bien brossées, au pelage noir et blanc étincelant, semblent fières d’accueillir La Terre dans leur humble demeure, qui brille comme un sou neuf.
« Pour nous, c’est vraiment important. Pour se démarquer, il faut être dans un environnement hyper propre », fait valoir l’agriculteur de Saint-Pie, en Montérégie, nouvellement maître-éleveur et maintes fois récompensé pour la qualité de son lait.
En désignant une stalle dont le sol est tapissé de généreuses quantités de paille, il explique l’importance particulière qu’il accorde au confort des animaux, mais aussi à l’hygiène.
On fait super attention à la salubrité. Les vaches sont sur paille et ripe de papier. C’est beaucoup plus absorbant que la ripe de bois. C’est moins dangereux pour les bactéries et les mammites.

Chacune de ses vaches a produit, en moyenne, 13 200 kilos de lait à 4,6 % de matière grasse, en 2024. À titre comparatif, une Holstein moyenne au Canada, en 2023, a produit 11 253 kilos de lait avec un taux de gras de 4,08 %.
Seul avec deux productions
Depuis six ans, Simon Ménard est l’unique propriétaire de la ferme laitière de 68 kilos de quota et de 38 vaches en lactation qu’il a démarrée de zéro, avec son ex-conjointe, en 2006. Sur le même site de Saint-Pie, il possède aussi deux pouponnières porcines, qui logent un total de 4 000 têtes à la fois.
S’il bénéficie de l’aide occasionnelle de membres de sa famille ou encore d’étudiants qu’il embauche de temps à autre, l’agriculteur doit se débrouiller seul, une grande partie de l’année, pour faire rouler ses deux entreprises

« Je viens de finir un deux-trois mois tout seul, parce que je n’avais pas d’employé. Je n’en trouvais pas », indique le producteur, qui est finalement parvenu à recruter une étudiante de l’Institut de technologie agroalimentaire du Québec à Saint-Hyacinthe, il y a quelques semaines, en prévision de la haute saison des cultures et du travail au champ.
Mais où trouve-t-il le temps, lorsqu’il est seul, de maintenir le haut standard de rigueur, de constance et de minutie à l’étable que requiert la plaque de maître-éleveur, et ce, tout en exploitant aussi une ferme porcine? « Mes journées sont plus longues », se contente de répondre ce passionné d’élevage, avec un sourire. « Je me lève à 3 h 30 et les journées finissent vers 20 h-20 h 30, mais je réussis. Il faut aimer ça. […] Je pense que quand tu aimes de quoi, ce n’est pas une corvée. »
Pas question, d’ailleurs, de robotiser l’étable pour réduire sa charge de travail. Il préfère la proximité avec l’animal que procure la traite classique en stabulation entravée, deux fois par jour. Ses vaches taries, ses taures et ses veaux, de leur côté, sont logés en stabulation libre, dans un autre bâtiment.
« Je n’ai rien contre la robotique, mais j’aime la production laitière, de la façon que je suis installé, en traite conventionnelle. C’est plus de travail, mais c’est aussi plus de contact avec l’animal. S’il y a un problème avec la vache, je le vois plus facilement », souligne le producteur.
Amoureux des vaches
Si l’agriculteur passe quelques heures par jour à la porcherie, c’est à l’étable que cet amoureux des vaches consacre la majorité de son temps.
Il aime bien la production porcine, mais préfère le travail de développement génétique et le contact avec les animaux en production laitière. Les porcelets arrivant à l’âge de 15 jours, puis repartant six semaines plus tard vers l’engraissement, il n’a pas le temps de créer des liens avec eux.

« J’ai des vaches ici qui ont dix ans. Donc, ça fait dix ans que je les vois tous les jours, sept jours par semaine. Même si elles ne parlent pas, tu viens que tu les connais par cœur. Quand tu rentres le matin, tu vois tout de suite les signes qui disent qu’une telle va bien, qu’une autre va moins bien », décrit M. Ménard.
Lors de la visite de La Terre, en tout cas, elles semblaient toutes en pleine forme, surtout qu’elles étaient sur leur 36.

Un rêve réalisé grâce à la porcherie
Simon Ménard ne vient pas d’une famille d’agriculteurs, mais a toujours voulu devenir producteur laitier. Jeune, il a travaillé dans une ferme et se rendait dans les expositions, où il adorait contempler les belles vaches.
C’est finalement par l’entremise de la production porcine, en quelque sorte, que son rêve agricole a pu se concrétiser. En 2006, son ex-conjointe et lui ont saisi l’occasion d’acheter des terres et une porcherie, à Saint-Pie, après quoi ils ont fait bâtir une étable à même le site et ont démarré leur ferme laitière.
S’il a la piqûre de l’élevage laitier, l’agriculteur apprécie le revenu supplémentaire et la sécurité que lui a toujours apportée la production porcine, avec l’encadrement d’Olymel.
La production porcine est venue complémenter le démarrage de notre ferme laitière, en apportant un revenu stable.
Tout comme sa conjointe de l’époque, l’éleveur a longtemps occupé un autre emploi pour joindre les deux bouts avant de commencer à ne vivre que de l’agriculture, il y a six ans.
