Pascal Lemire travaille à ce que les fermes en traite robotisées n’aient plus l’obligation d’adhérer au contrôle laitier traditionnel, avec échantillons de lait, pour être admissibles au titre de Maître-éleveur. Photo : Gracieuseté de Pascal Lemire
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S'abonner maintenantHolstein Canada s’engage à ce que les producteurs en traite robotisée n’aient plus l’obligation d’adhérer au contrôle laitier traditionnel, avec cueillette d’échantillons de lait à la ferme, pour être admissibles au titre de Maître-éleveur. À compter de 2026, toutes les données requises provenant des robots de traite seront considérées pour la reconnaissance. Pour l’instant, celles pour le gras et la protéine ne sont pas acceptées.
« On s’engage à changer ça pour toutes nos reconnaissances. On a autant confiance en ces valeurs-là qu’en celles des laboratoires. Notre système a besoin d’être revampé, rajeuni », admet Pascal Lemire, registraire et gestionnaire sénior des opérations à la ferme de Holstein Canada.
Une résolution en ce sens a d’ailleurs été adoptée lors du plus récent Congrès national Holstein, tenu à Halifax, il y a quelques semaines. M. Lemire précise que les données des robots, pour être acceptées, devront encore être traitées par Lactanet avant d’être acheminées à Holstein Canada.
Les données de robots sous-utilisées, selon des éleveurs

Plusieurs éleveurs, dont Ysabel Jacobs, de la Ferme Jacobs, estiment que les informations que fournissent les robots à chaque traite, pourtant très précises, sont sous-exploitées en génétique. Les données des robots sur le taux de gras et de protéine dans le lait, par exemple, qui sont envoyées à Lactanet par l’entremise du contrôle laitier électronique, servent à développer des outils de gestion, mais ne sont pas utilisées pour évaluer la génétique des animaux. Pour être considérées à des fins génétiques, ces valeurs doivent absolument provenir du contrôle laitier traditionnel, avec échantillons de lait.
Je ne comprends pas pourquoi Lactanet n’évolue pas plus que ça. Pourquoi avoir peur du changement, quand on a accès à une technologie si avancée?
Une certification internationale requise

Le chef de l’exploitation et directeur du centre d’expertise chez Lactanet, Daniel Lefebvre, explique qu’il ne revient pas à son organisation de reconnaître ces données aux fins d’évaluations génétiques. Les capteurs des compagnies de robots doivent d’abord être homologués par la société de certification internationale ICAR (International Committee for Animal Recording).
« C’est comme ça partout dans le monde. Les évaluations génétiques ne sont pas que canadiennes. ICAR existe pour ça, justement, pour que les évaluations génétiques des différents pays soient faites sur une base commune », ajoute M. Lefebvre, qui est d’ailleurs président d’ICAR.
Jusqu’ici, dit-il, aucune compagnie de robot n’a proposé de capteurs pour le gras et la protéine qui répondent aux standards de précision d’ICAR. Des capteurs qui mesurent les quantités de lait produit, en revanche, sont accrédités et peuvent servir aux évaluations génétiques par l’entremise du contrôle laitier électronique. Daniel Lefebvre ajoute qu’il revient aux compagnies de robots de faire homologuer leur technologie.
Dans un courriel, la compagnie Lely n’a pas voulu s’avancer sur une accréditation éventuelle de ses capteurs pour le gras et la protéine. Elle a indiqué être en constante recherche d’amélioration de ses technologies, mais qu’actuellement, les données qu’elle fournit sont « approximatives » et utiles à des fins de gestion. D’autres compagnies de robots n’avaient pas encore répondu à La Terre au moment d’écrire ces lignes.