Événement 23 avril 2025

Regards croisés sur l’agriculture

Cette année, le banquet d’Expo-Poc a accueilli des invités spéciaux : quatre finissants de 1968 qui se sont liés d’amitié lors de leur passage à l’Institut de technologie agroalimentaire (ITA) de La Pocatière. Le 60e anniversaire de rencontre du quatuor a ainsi été souligné, et La Terre de chez nous en a profité pour comparer leur vision de l’agriculture avec celle des étudiants de 2025. À travers leurs réponses, des défis communs émergent, mais aussi des perspectives diverses sur l’évolution de l’agriculture, des technologies et de la place des jeunes agriculteurs dans le paysage québécois.

Les quatre invités d’honneur ont été colocataires pendant leurs études à l’ITA de La Pocatière. Photo : Maurice Gagnon

Quels sont les défis majeurs de l’agriculture aujourd’hui?

Gilbert Morin, finissant de 1968, considère la relève agricole et l’accès aux terres comme des défis majeurs. Il déplore la hausse des prix des terres, qui rend leur acquisition difficile, et la difficulté pour les jeunes de s’installer en dehors des grandes productions. Pour Jolyanne Plourde, une étudiante de 3e année, la situation est différente. Elle souligne l’effet des taxes américaines et des taux d’intérêt élevés, qui pénalisent les petites fermes. Selon elle, seules les grandes exploitations arrivent à mieux s’en sortir. Elle reconnaît également que les problèmes environnementaux constituent un autre défi essentiel.

Comment la formation en agriculture devrait-elle évoluer?

Nathaniël Blais-Robin, président ­d’Expo-Poc 2025, souligne l’importance d’une formation régulièrement mise à jour. Selon lui, il est crucial de suivre l’évolution rapide des technologies et d’adapter la formation aux enjeux climatiques actuels. Il insiste sur l’accès à des ressources diversifiées pour répondre aux défis de l’agriculture moderne. Germain Hamel, finissant de 1968, partage cette vision, tout en mettant un accent particulier sur l’adaptation aux nouvelles technologies, qu’il considère comme essentielles. Il estime que les jeunes doivent être formés sur la gestion des technologies modernes, comme les robots de traite et la gestion des données, qui sont désormais incontournables dans les fermes.

Quel est l’avenir des jeunes agriculteurs dans l’agriculture moderne?

Mirelys Miranda, vice-présidente ­d’Expo-Poc 2025, voit un avenir prometteur pour la relève grâce aux subventions et à l’aide au démarrage facilitant l’installation des jeunes. Elle souligne que l’agriculture est devenue un secteur diversifié où chacun peut s’épanouir, indépendamment de son origine. Pour elle, la clé du succès repose sur la passion, la détermination et l’innovation. En revanche, Bernard Poirier, finissant de 1968, considère que la réussite dans l’agriculture dépend avant tout de la passion et de la persévérance. Il raconte son propre parcours, alors qu’il est parti de zéro dans le domaine laitier, soulignant que, bien que le secteur soit exigeant, la relève doit être prête à faire preuve d’initiative pour réussir.

Comment la technologie ­ influence-t-elle la gestion des exploitations agricoles?

Les jeunes diplômés de 2025, comme Juliane Samson et Audrey Labbé, estiment que les technologies sont des alliées pour la gestion des fermes. Elles permettent une meilleure gestion des données, de la production et de la vente tout en préservant les traditions agricoles. Juliane insiste sur l’importance de garder un lien avec la terre et les animaux, tout en intégrant les outils technologiques pour améliorer l’efficacité. Pour René-Paul Rousseau, finissant de 1968, la technologie, bien qu’utilisée pour augmenter la productivité, peut nuire à la connexion avec la terre. Il reconnaît cependant que l’évolution technologique est inévitable et que les jeunes doivent trouver un équilibre pour préserver l’authenticité de leur métier tout en évoluant avec les outils modernes.