Les quatre chefs des principaux partis se sont engagés à soutenir la gestion de l’offre lors du débat en français organisé par Radio-Canada, le 16 avril. Crédit : Radio-Canada
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S'abonner maintenantPour une rare fois, la gestion de l’offre a fait l’objet d’une question au débat des chefs en français de Radio-Canada, le 16 avril. Les quatre chefs se sont engagés à la soutenir et le libéral Mark Carney s’est même dit en accord avec un projet de loi visant à la protéger. L’agroalimentaire a aussi été abordé lorsqu’il a été question de boycottage des produits américains et du coût de la vie.
À la vingtième minute du débat de deux heures, l’animateur Patrice Roy a demandé quel sujet serait intouchable dans une négociation avec les Américains. Anticipant que les quatre chefs répondraient « la gestion de l’offre », il a ajouté que le Canada avait cédé des parts de marché dans les trois dernières négociations d’accords de commerce (AECG avec l’Europe, PTPGP avec l’Asie et ACEUM avec les États-Unis et le Mexique) et que les Producteurs de lait du Canada chiffraient les pertes à 450 M$ par année.
Le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a été le plus concret dans sa réponse en évoquant le retour du projet de loi censé protéger le système de gestion de l’offre. Rappelons que le projet de loi C-282, déposé par son parti, est mort au feuilleton en janvier dans la foulée de la démission de Justin Trudeau.
Patrice Roy a alors relancé les chefs en demandant si un projet de loi protégerait effectivement mieux ce système. Contre toute attente et à la surprise du chef bloquiste, le premier ministre et chef libéral Mark Carney a répondu par l’affirmative. « Oui, peut-être. Je suis d’accord avec cette loi, mais mon point, c’est qu’il faut investir au Canada. Mon plan, qu’on va dévoiler [le week-end du 18 avril], va catalyser 500 G$ d’investissements au Canada pendant les prochaines années », a-t-il souligné.
Le chef du Parti conservateur, Pierre Poilièvre, ne s’est pas épanché sur la question. Il s’est engagé à la défendre, mais a tout de suite enchaîné sur la souveraineté du pays et une promesse de réduire la paperasse de 25 % pour les entreprises.
Bien qu’il n’ait pas répondu directement à la question, Jagmeet Singh, le chef du Nouveau Parti démocratique a été le premier à parler de protéger les agriculteurs dans les dix premières minutes du débat.
Boycotter les produits américains
Dans un segment jovial, que le chef conservateur a qualifié de « conversation délicieuse », les quatre chefs ont mentionné que c’était dans le panier d’épicerie que le boycottage des produits américains s’exprimait pour chacun d’entre eux. Yves-François Blanchet achète des fraises en serre du Québec au lieu des fraises américaines, Mark Carney a délaissé le vin et l’alcool américain, Jagmeet Singh vise les fruits en général, mais plus précisément les pommes, et Pierre Poilièvre se fait un devoir d’acheter du bœuf canadien et de laisser les fraises américaines sur les tablettes. M. Blanchet lui a mentionné que le bœuf bio québécois « n’était pas mauvais non plus » et ce dernier lui a proposé d’aller partager une assiette ensemble un jour.
« Les épiceries vous arnaquent »
Lorsqu’il a été question de coût de la vie, le chef néo-démocrate a montré du doigt le coût d’épicerie et le coût de logement. « Avec les coûts d’épicerie, ce sont les grandes entreprises d’épicerie qui vous arnaquent. On a vu ça avec le prix du pain, le prix de la viande. Ils augmentent les prix et arnaquent les gens donc on va plafonner les prix sur les aliments essentiels », a-t-il indiqué.