Pommes de terre 4 avril 2025

Un resserrement des règles de biosécurité est réclamé pour tous

Inquiets d’une recrudescence du virus Y, nommé PVY, qui menace la culture de semences de pommes de terre, l’assemblée a demandé, par voie de résolution, que tous les producteurs qui cultivent dans les zones protégées par Québec soient soumis aux mêmes règles de biosécurité.

Actuellement, les producteurs de semences destinées à être commercialisées doivent suivre des normes strictes dans certaines zones de culture régies par le gouvernement. À titre d’exemple, des contraintes à la vente sont appliquées si un lot de tubercules est contaminé par le virus Y à plus de 2 %, ce qui oblige les producteurs à tester leurs lots avant de les mettre en terre. 

Par contre, les agriculteurs qui produisent de la semence destinée à leur propre production de pommes de terre ne sont pas tenus de suivre ces règles, même s’ils sont en zone protégée. Pour limiter les risques de propagation d’un champ à l’autre, des producteurs de semences commerciales du Lac-Saint-Jean ont proposé une résolution demandant à ce que tous les producteurs qui cultivent dans ces zones soient soumis aux mêmes exigences.

Avant d’être adoptée, la résolution a donné lieu à un long débat. Certains producteurs de pommes de terre ne jugent pas nécessaire de faire tester leurs tubercules, estimant que l’inspection visuelle à laquelle ils sont sujets est suffisante. Dans une envolée verbale, le président des Producteurs de pommes de terre du Québec (PPTQ), Francis Desrochers, a déploré que des agriculteurs ne voient pas d’inconvénient à risquer de contaminer les champs de leurs confrères.

« C’est ça que je veux changer, cette mentalité-là, d’être couleuvre et de ne pas vouloir faire d’effort pour le bien-être de l’industrie, s’est-il insurgé. Il y a un minimum à faire. Il y en a qui ne l’ont pas fait, le minimum, et il y a des régions où ç’a un impact. Moi, ça vient me chercher. Je trouve ça plate qu’il y ait un manque de respect entre producteurs. »

Hausse des contributions

Considérant la situation financière « fragilisée » des Producteurs de pommes de terre du Québec et considérant que la dernière hausse remonte à 2018, l’assemblée a voté à l’unanimité en faveur d’une augmentation progressive des contributions des producteurs, au cours des prochaines années. En 2026, 2027 et 2028, une hausse de 5 % par année sera appliquée.  À partir de 2029, l’augmentation annuelle sera de 2,6 %, suivant l’indice des prix à la consommation. La stratégie d’« augmentation progressive » vise à minimiser l’incidence sur le budget des fermes. Elle se traduira par un montant de 600 $ de plus par année pour une ferme moyenne de 150 hectares.