La ministre Maïté Blanchette Vézina ordonne aux acériculteurs de faire cesser tout blocage des travaux forestiers en cours, sans quoi le gouvernement se réserve le droit de prendre des actions légales. Crédit: Martin Ménard/Archives TCN
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S'abonner maintenantLa ministre des Ressources naturelles et des Forêts, Maïté Blanchette Vézina, n’a visiblement pas apprécié les blocus routiers érigés par des acériculteurs, le 24 février, visant à empêcher les entrepreneurs forestiers de poursuivre la coupe d’éclaircie dans les érablières publiques situées dans la Seigneurie de Lotbinière, dans Chaudière-Appalaches.
Dans une lettre qu’elle a fait parvenir aux Producteurs et productrices acéricoles du Québec (PPAQ) – et que son cabinet a fait parvenir à La Terre –, la ministre a clairement fait savoir que son ministère et elle considèrent « totalement inacceptable la manière de faire » du regroupement d’acériculteurs d’Appalaches–Beauce–Lotbinière, dans un contexte où elle dit déployer des efforts pour mettre en place un climat de collaboration « entre nos organisations respectives ». Ces agissements mettent en péril les opérations forestières de ce secteur, qui ont des retombées dans plusieurs communautés de la région, ajoute-t-elle.

S’adressant directement au président des PPAQ, Luc Goulet, la ministre Blanchette Vézina conclut sa lettre de façon très catégorique : « Nous vous demandons, monsieur le Président, de faire cesser dans l’immédiat tout blocage des travaux en cours, sans quoi, le gouvernement se réserve le droit de prendre toute action légale qu’il jugera appropriée. »
De l’huile sur le feu
Cette lettre de la ministre n’a pas ralenti les ardeurs des acériculteurs, qui maintiendront leurs blocus routiers, dit l’instigateur de ces moyens de pression, Vincent Boutin, président des Producteurs et productrices acéricoles d’Appalaches−Beauce−Lotbinière.
Les menaces de la ministre, ça va juste nous donner plus d’armes, car ça montre qu’elle n’a pas d’écoute. Si elle ne veut pas entendre raison, la situation va prendre de l’ampleur et monter au niveau provincial. [Les acériculteurs de tout le Québec], on va sortir ensemble. C’est notre devoir de continuer à protéger les érablières publiques.
Prescription changée?
Dans sa lettre, la ministre Blanchette Vézina rappelle aux acériculteurs que les travaux actuellement réalisés dans l’érablière publique de la Seigneurie de Lotbinière ont fait l’objet d’une prescription sylvicole dûment signée par un ingénieur forestier du ministère des Ressources naturelles et des Forêts et qu’il s’agit de travaux reconnus pour ce type de jeune forêt feuillue en croissance, explique-t-elle.
La ministre souligne de surcroît que ladite prescription a fait l’objet d’une consultation auprès des acériculteurs et que la prescription finale leur a été communiquée. Une telle affirmation fait s’esclaffer Vincent Boutin. « Ah oui, une première prescription avait bel et bien été discutée. On n’était pas d’accord, et elle a été modifiée. Mais juste avant les travaux, le martelage a été refait selon la première prescription qui faisait bûcher 80 % des érables. Ça ne demeure plus une érablière, car les travaux changent le statut du peuplement. On n’a jamais été d’accord avec ça. C’est même contraire à la loi [sur la protection du territoire et des activités agricoles], car ces érablières sont en zone agricole », souligne-t-il.