Pommes 14 février 2025

Importateurs de café grâce à leur travailleur mexicain

En embauchant un travailleur mexicain, des producteurs de pommes de Saint-Jean-de-Matha, dans Lanaudière, ne se doutaient pas qu’ils deviendraient importateurs de café et apprendraient à cultiver cette plante tropicale.

« Ce sont des amis qui nous ont convaincus d’engager un travailleur étranger, puisqu’on avait du mal à trouver des employés pour notre verger de pommes, les étudiants n’étant pas disponibles à ce temps-là de l’année. C’est comme ça que Luis est arrivé chez nous en juin 2023 », raconte Mme Rainville, copropriétaire du verger Qui sème récolte avec son conjoint, Jean-François Poirier.

Le couple ne parlant pas l’espagnol, il a fallu quelque temps pour que la communication s’établisse avec son nouvel employé.

Au début, on connaissait cinq mots d’espagnol. Au fil des semaines, on a appris, puis quand on a eu assez de mots, on a fini par comprendre que Luis était propriétaire d’une plantation de café dans son pays. Ce n’était pas assez payant, alors il venait travailler au Québec depuis 10 ans.

Nathalie Rainville

Une belle amitié s’est tissée entre eux. 

Plantation au Mexique

Puisqu’ils avaient du temps pendant l’hiver, Nathalie Rainville et Jean-François Poirier ont proposé à leur employé d’aller lui donner un coup de main dans sa plantation. En décembre 2023, ils se sont donc envolés pour l’État de Veracruz, au Mexique. 

Là-bas, dans les montagnes, Luis Lopez Rivera et ses douze frères et sœurs possèdent trois plantations de café, dont une ferme familiale exploitée depuis plusieurs générations. Ils cultivent 23 variétés de café. 

Jean-François Poirier dans la plantation de café de Luis Lopez Rivera, au Mexique.

Auprès d’eux, les pomiculteurs québécois ont découvert les procédés de culture et de récolte, le séchage et la fermentation des grains de café. « À notre retour, on a fait les démarches pour devenir importateur de café et on s’est équipés d’un petit torréfacteur électrique. On l’achète vert, on le torréfie, et on vend maintenant le café de Luis dans notre boutique », raconte Nathalie Rainville.

Luis Lopez Rivera et Jean-François Poirier devant des plateaux de grains de café mis à sécher. Photo : Gracieuseté de Qui sème récolte

Cette année, l’automne a été très humide dans les montagnes du Veracruz et les récoltes ont pris du retard. Au moment d’écrire ces lignes, Mme Rainville s’apprêtait à partir pour un séjour de deux mois, durant lequel elle participera aux corvées de la récolte du café. Son conjoint viendra la rejoindre quelques semaines plus tard.

« J’aimerais en profiter pour aller voir d’autres plantations de café. J’ai aussi repéré des vergers là-bas que je compte aller visiter. Ça m’étonne qu’on puisse cultiver des pommes au Mexique. Je suis curieuse de voir ça », dit-elle.

Maria Eloina (conjointe de Luis), Marlen (sa fille), Luis Lopez Rivera, Nathalie Rainville et Jean-François Poirier.

La pomicultrice assure que de vendre son café au Québec représente une grande source de fierté pour Luis Lopez Rivera. « On lui verse la moitié des profits, précise-t-elle. Ça lui permet d’obtenir davantage en échange de son café. »