Économie 27 janvier 2025

Trump annonce des tarifs douaniers dès le 1er février

Au premier jour de son investiture, le 20 janvier, le 47e président des États-Unis, Donald Trump, n’a pas signé de décret présidentiel imposant des tarifs douaniers de 25 % au Canada et au Mexique, comme il entendait le faire. Il a toutefois annoncé une enquête sur les pratiques commerciales d’autres pays avant de déclarer, quelques heures plus tard, que les tarifs douaniers entreraient en vigueur dès le 1er février. 

Le décret sur la refonte du système commercial, signé le soir de son investiture et nommé America First Trade Policy, ordonne aux agences fédérales d’enquêter sur les pratiques commerciales et monétaires d’autres pays, qu’il juge déloyales, afin de comprendre les causes du déficit commercial récurrent aux États-Unis. Il s’attend à recevoir des recommandations, « telles qu’un tarif supplémentaire mondial ou d’autres politiques, pour remédier à ces déficits », lit-on dans le document.

En vue de la renégociation de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM), prévue en juillet 2026, le décret prévoit également que les dirigeants de différents départements (l’équivalent des ministères) évaluent les effets de l’accord de commerce sur « les travailleurs américains, les agriculteurs, les éleveurs, les prestataires de services et d’autres entreprises, et formule des recommandations concernant la participation des États-Unis à l’accord ».

Au moment d’écrire ces lignes, le 23 janvier, Donald Trump affirmait, au Forum économique de Davos, en Suisse, que les États-Unis pouvaient se passer de produits canadiens. 

Le Canada orchestre une riposte

Afin de faire face aux menaces de guerre commerciale, le Conseil sur les relations canado-américaines a été formé, le 16 janvier, pour éclairer le premier ministre Justin Trudeau et son conseil des ministres. 

« On se prépare à ce qu’il y ait des tarifs, de quelle façon on doit répondre et en même temps, de voir tous les impacts qu’il peut y avoir sur différents secteurs », a mentionné le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Martin Caron, qui siège à ce conseil. Deux rencontres, l’une virtuelle et l’autre, au Château Montebello, en Outaouais, ont permis d’établir les enjeux et les défis à venir. 

En 2023, le secteur agricole canadien a exporté 60 G$ aux États-Unis. Les secteurs maraîchers, des pommes de terre et de l’horticulture canadienne exportent 50 % de leur production aux États-Unis, ce qui pourrait avoir des conséquences majeures pour ces produits périssables. Il y a également une crainte de voir le secteur acéricole, qui exporte 60 % de sa production aux États-Unis, perdre des parts de marché au détriment d’autres agents sucrants.

En guise de riposte à l’entrée en vigueur éventuelle de tarifs douaniers, Justin Trudeau et sa ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, ont préparé une liste de produits américains qui seront également taxés à la frontière canadienne. Le jus d’orange de la Floride et le bourbon du Kentucky figureraient sur la liste.


L’UPA représente le secteur agricole canadien

Le 15 janvier, Martin Caron a reçu un appel du premier ministre lui-même l’enjoignant à ajouter son expertise à celle d’anciens premiers ministres, dont Jean Charest, et de négociateurs commerciaux. « Il reconnaît l’expertise qu’on peut avoir comme organisation, à l’UPA, et qu’on a toujours été aussi proches de chacune des négociations [d’accords de commerce] qu’il y avait dans le temps, et puis qu’on a une vision globale de l’agriculture et de l’agroalimentaire », a-t-il expliqué, manifestement heureux de l’honneur qui lui a été accordé.