International 27 janvier 2025

Autre coup dur possible pour le porc

Déjà malmenée par une crise dont elle se remet à peine, la filière porcine québécoise se prépare à affronter une nouvelle tempête si la menace américaine d’imposition de tarifs douaniers de 25 % sur les produits canadiens se concrétise. 

Ces tarifs ne toucheraient toutefois pas tous les transformateurs de la même manière, souligne le président des Éleveurs de porcs du Québec, Louis-Philippe Roy, puisqu’ils n’ont pas tous les mêmes marchés d’exportation. 

Pour des entreprises comme le transformateur de porc biologique duBreton, qui exporte de 60 à 70 % de sa production aux États-Unis, ces tarifs, s’ils se concrétisent, « pourraient avoir un impact », reconnaît son président, Vincent Breton. Ce dernier estime, malgré tout, qu’il est difficile de mesurer concrètement les effets tant que les détails de la mesure ne sont pas connus, car trop de facteurs entrent en jeu, comme les produits touchés, les tarifs, leur durée ou le taux de change, énumère-t-il.

De son côté, le transformateur Olymel, principal acheteur de porcs québécois, compte sur un marché d’exportation plus diversifié qui pourrait amoindrir le coup, croit Stéphanie Couturier, vice-présidente aux communications de l’entreprise.

On a la chance d’être présents dans de nombreux marchés et de pouvoir remplacer le volume qu’on pourrait perdre aux États-Unis. La question, c’est de savoir si on va être en mesure de trouver la même valeur [ailleurs].

Stéphanie Couturier, vice-présidente aux communications chez Olymel

Les États-Unis représentent 14 % des exportations de porc d’Olymel, alors que la plus grande partie des exportations va au Mexique et au Japon, spécifie Mme Couturier. 

Fin des exportations de porcs vivants 

Les Éleveurs de porcs du Québec, de leur côté, ont eu recours à la vente d’animaux vivants aux États-Unis comme mesure transitoire pendant le rééquilibrage de la production. La possible imposition de tarifs par l’administration Trump ne représente toutefois plus un problème à cet égard, puisque l’écoulement des surplus de porcs achève, indique Louis-Philippe Roy.  « Au début, on écoulait presque 10 000 porcs par semaine [aux États-Unis], mais là, on est à environ 1 200 à 1 500 par semaine, et ça devrait être fini d’ici la fin février ou mars au maximum. On a aussi une autre porte en Ontario, donc ce n’est plus notre inquiétude principale », dit-il.

582 M$
Valeur des exportations québécoises de porcs vers les États-Unis en 2023

35 %
Proportion de la valeur totale des exportations québécoises de porcs

Source : Les Éleveurs de porcs du Québec