Grandes cultures 20 janvier 2025

Céréales à paille et canola 2025

Cette année encore, La Terre de chez nous a sondé 11 semenciers au sujet des céréales à paille et du canola qu’ils jugent les plus intéressants pour 2025. Curieux d’en savoir plus? Pour obtenir plus de détails techniques sur ces hybrides, rendez-vous au laterre.ca/canolas-prometteurs-2025.


Alexandre Tessier, Prograin

Directeur des ventes chez Prograin pour l’Est du Canada, Alexandre Tessier suggère pour 2025 deux valeurs sûres avec le blé panifiable Fuzion et l’orge à six rangs Chambly. « Fuzion se démarque par sa tolérance à la fusariose de l’épi supérieure à la moyenne. C’est une des meilleures variétés sur le marché pour cette caractéristique », indique-t-il. Fuzion offre aussi un rendement élevé pour une variété de maturité intermédiaire tout en produisant beaucoup de paille. « Habituellement, les nouvelles variétés ont toujours de bons rendements les premières années et ça diminue par la suite. Dans le cas de Fuzion, elle se maintient depuis des années avec un bon rendement. C’est une variété que je propose aux producteurs laitiers et avicoles », précise Alexandre Tessier, qui recommande de ne pas la semer avec une plante abri. Dans le cas de Chambly, le représentant de Prograin parle d’une variété présentant une très bonne tolérance à la verse qui se démarque par la stabilité de son rendement depuis son introduction. « Après plus de 15 années sur le marché, elle est encore dans la moyenne en rendement. C’est un produit qui est encore demandé par les producteurs à cause de sa stabilité. Dans les rendements pour la saison 2022, la Chambly était encore dans les meilleures », conclut-il. 


Éric Thériault
Éric Thériault

Éric Thériault, Grains de l’Est

Propriétaire de Grains de l’Est au Nouveau-Brunswick, Éric Thériault suggère dans un premier temps la AAC Madawaska, une orge à deux rangs offrant un très bon rendement, une excellente tenue et un poids spécifique élevé. « C’est une variété qui a été croisée avec la Leader, une orge exceptionnelle. Une de ses caractéristiques, c’était d’avoir un grain dense, et c’est un caractère qui a été transmis à la AAC Madawaska », indique-t-il. Destinée à l’alimentation animale, c’est une variété hâtive qui donne un grain très dense, une bonne qualité de paille et qui résiste à la verse. Comme second choix, Éric Thériault y va avec AAC Excellence. « Chez nous, c’est un coup de cœur du point de vue de son rendement, de la grosseur de ses grains et de son poids spécifique. Elle est exceptionnelle », vante-t-il. AAC Excellence est une avoine idéale pour les producteurs à la recherche de paille étant donné sa taille relativement haute. De qualité meunière avec de très gros grains et un poids spécifique élevé, cette avoine couverte est idéale pour tout usage. Le propriétaire de Grains de l’Est dit avoir assez de stocks de AAC Madawaska et AAC Excellence pour répondre aux besoins des producteurs en 2025.


Catherine Faucher
Catherine Faucher

Catherine Faucher, Agrocentre

Catherine Faucher, conseillère technique et marketing chez Agrocentre, recommande dans un premier temps le Coralia, un blé fourrager de printemps à petits grains. « C’est un blé de provende avec une très bonne tenue au champ. Sa force, c’est qu’il performe bien dans différents environnements. Dans toutes les zones et différents types de sols, il est assez constant », indique l’agronome. Affichant un look distingué avec de longs épis minces et non barbus, il est peu sensible à l’oïdium, aux taches foliaires et à la jaunisse nanisante tout en présentant une bonne résistance à la fusariose. « C’est un blé assez court, donc qui n’a pas tendance à verser. Avec ses petits grains, c’est une variété qui coûte moins cher à semer. » Comme second choix, la représentante d’Agrocentre opte pour le Kerson, un blé fourrager pour l’alimentation animale qui a été lancé commercialement en 2024. « Cela a été une belle découverte pour tous ceux qui l’ont essayé. Son potentiel de rendement est impressionnant, et il est très peu sensible à la fusariose. Il présente un beau feuillage large, une belle couleur et de gros grains », souligne l’agronome. « Nous croyons que ce sera un blé bien adapté à la régie intensive, qui lui permettra d’exprimer son plein potentiel de rendement », ajoute Catherine Faucher.


Annie DesRosiers, Pioneer (Corteva)

Agronome chez Pioneer pour l’Est du Québec, Annie DesRosiers revient pour 2025 avec le blé 25R46. « C’est un blé d’automne de type tendre rouge. Il s’est démarqué dans les dernières années par son grand potentiel de rendement et sa stabilité dans plusieurs environnements. C’est un plant de petite taille qui offre une excellente tenue et une bonne tolérance à la fusariose de l’épi. Ce n’est pas lui qui fera le plus de paille, mais il ne versera pas au champ », précise-t-elle. Du côté du canola, l’agronome suggère le P505MSL. « C’est une variété qui a tout. Il résiste à l’herbicide Liberty, tolère la hernie des crucifères, et on peut le battre sans andainage grâce à la technologie Harvest Max. C’est l’option parfaite pour le Québec », souligne Annie DesRosiers à propos de la variété de canola offerte par Corteva. L’agronome ajoute que le P505MSL tolère également la moisissure blanche qui est présente dans certaines régions du Québec, notamment au Saguenay–Lac-Saint-Jean.  


Mylène Desautels

Mylène Desautels, Synagri

Mylène Desautels, experte en céréales et analyste en semences chez Synagri, propose le Audika (90 jours), un blé panifiable de printemps accepté par les Moulins de Soulanges et offrant d’excellents rendements dans toutes les zones du Québec. « C’est une variété qui a une très bonne résistance aux taches foliaires, à la rouille et à l’oïdium. Il a aussi obtenu la cote 1 pour la résistance à la fusariose de l’épi. On peut s’attendre à avoir un bon taux de protéines avec ce blé, puisqu’aux essais du RGCQ, il a obtenu en moyenne un taux de protéines de 14 % au fil des années. » Comme second choix, l’agronome suggère la variété Waterloo (90 jours), une orge de printemps avec une paille longue et solide et un poids spécifique élevé. « C’est une orge fourragère à six rangs qui s’est maintenue dans le top 3 des meilleurs rendements en grains sur le marché dans toutes les zones du Québec selon les données du RGCQ. C’est un de nos meilleurs vendeurs chez Synagri. » Du côté de la résistance aux maladies, le Waterloo affiche des notes dans la moyenne.


Tanguy Lozac’h, Willam Houde

Du côté de William Houde, on suggère pour 2025 deux céréales : le blé de printemps Agora et le seigle d’automne SU Perspective.
« Notre gamme de céréales est exclusive. Nous sommes les seuls à les vendre et elles ont été bien souvent développées au Québec par nos partenaires, et donc adaptées à nos conditions agroclimatiques », déclare d’entrée de jeu le chef du département des semences chez William Houde. Blé de printemps panifiable adapté à toutes les zones, l’Agora allie bon rendement et qualité boulangère. « Il a une protéine élevée, une excellente tenue au champ et une très bonne tolérance à la verse », souligne Tanguy Lozac’h. Comme second choix, celui-ci opte pour le SU Perspective, un seigle hybride bien adapté à toutes les zones. « C’est un nouveau cultivar qu’on a introduit tout doucement en 2024 et qui vient remplacer le SU Cossani qu’on vendait depuis quelques années. Il offre un super rendement et une superbe survie à l’hiver, sans compromis sur le rendement de la paille. L’avantage du seigle hybride, c’est qu’on peut le semer moins fort que le seigle conventionnel tout en ayant un meilleur potentiel de rendement », conclut l’agronome.


Phil Bailey

Phil Bailey, SeCan

Responsable de territoire pour l’Est de l’Ontario, le Québec et les Maritimes chez SeCan, Phil Bailey propose dans un premier temps le AAC Wight, une nouvelle variété d’avoine blanche avec des rendements élevés dans les trois zones du Québec. « C’est une nouvelle avoine blanche de mouture avec des rendements plus élevés et des niveaux de bêta-glucane plus élevés que la variété AAC Nicolas. Elle offre un rendement supérieur de 14 % et des grains plus gros que celui de ACC Nicolas avec une résistance à la verse améliorée. » Comme seconde suggestion, Phil Bailey y va avec un blé de printemps appelé Lemieux. « Il a des rendements élevés et très constants partout au Québec, avec un indice de rendement sur deux ans de 109 % dans la zone 1 et de 106 % dans la zone 2, ce qui en fait l’un des meilleurs rendements les plus constants au Québec. Il a également une paille très résistante et un très bon indice de verse », précise Phil Bailey.


Lyne Beaumont

Lyne Beaumont, Semence Elite (Sollio Agriculture)

Conseillère Semence Elite chez Sollio Agriculture, Lyne Beaumont recommande, dans un premier temps, Sibia, un blé de provende pour l’alimentation animale adapté à toutes les zones. « Il est constant et offre un haut rendement, tolère bien les maladies foliaires et les épisodes de sécheresse. C’est une valeur sûre, tout indiquée pour les producteurs qui ne veulent pas se compliquer la vie », poursuit l’agronome. Comme second choix, Lyne Beaumont suggère Nika, une avoine blanche pour l’alimentation humaine ou animale. Longue et solide et produisant un bon volume de paille, Nika est plus haute que la moyenne des avoines, mais présente une bonne tenue. « C’est une avoine avec un poids spécifique élevé, ce qui la rend intéressante pour la commercialisation et pour rentabiliser vos rendements. Elle profite de toute la saison de croissance pour produire un rendement élevé. Sa paille longue et robuste assure une bonne tenue au champ », précise Lyne Beaumont.


Jean Goulet

Jean Goulet, Semican

Vice-président à la recherche chez Semican, Jean Goulet présente deux nouveautés pour 2025 : le blé de printemps panifiable Beloukha et le blé d’automne Frontenac connu et reconnu.
« Beloukha se veut un blé de printemps doté d’un rendement impressionnant jumelé à une bonne tolérance à la fusariose et à une tenue exemplaire. Il répond bien à tous les types de cultures : biologique, conventionnel ou intensif. » Quant au Frontenac, il s’agit d’un blé d’automne animal qui a une excellente survie à l’hiver, offre un rendement enviable et est peu sensible aux maladies.
« Les cultures d’automne gagnent en popularité et les deux dernières saisons ont montré un net avantage à y adhérer. Pour les producteurs qui visent des rendements élevés, les blés d’automne animal ou panifiable, les seigles hybrides ou conventionnels et qui sait, prochainement, les orges d’hiver feront en sorte de produire des céréales de qualité et en quantité qui combleront les attentes. Les céréales d’automne sont idéales pour les producteurs soucieux de l’environnement et de la profitabilité de leurs champs », conclut Jean Goulet.


Catherine Piché-Dumontier, BASF

La représentante pour BASF Catherine Piché-Dumontier suggère d’abord une nouveauté pour 2025, le canola InVigor L330PC, un hybride à maturation hâtive de la série 300 doté d’un fort potentiel de rendement et qui se caractérise par sa technologie brevetée de réduction de l’égrenage, sa résistance de première génération à la hernie des crucifères et sa forte tenue au champ. « Il était très attendu dans les hybrides hâtifs. Il présente un rendement de 105,7 % par rapport au L233P qu’il vient remplacer. La grosse différence, c’est qu’il a une résistance à la hernie des crucifères », explique l’agronome, qui ajoute que le InVigor L330PC peut être cultivé dans toutes les zones de croissance. Comme second choix, Catherine Piché-Dumontier opte pour une valeur sûre avec le InVigor L340PC. « C’est un canola qui est bon dans toutes les zones de croissance. C’est vraiment un hybride tout-aller pour un producteur qui cherche la sécurité. Il convient parfaitement aux situations propices à la verse », souligne-t-elle. Tout comme le InVigor L330PC, il présente une résistance à la hernie des crucifères de première génération avec la technologie brevetée de réduction de l’égrenage. Aux essais de 2019 du Comité de recommandation de canola/colza de l’Ouest du Canada, le InVigor L340PC a affiché un rendement de 108,9 % face aux InVigor L233PC et Pioneer 45H33.


Daniel Barré, Pedigrain

Directeur de comptes semences chez Pedigrain, Daniel Barré propose dans un premier temps l’Orion (88 jours), une orge à six rangs produisant des grains à poids volumétriques parmi les plus élevés sur les marchés du Québec et de l’Ontario.
« C’est une orge qui se débrouille très bien au niveau des rendements dans les différentes zones. Nous l’avons introduite en 2024 et nous fondons de grands espoirs pour cette variété-là dans le futur. L’Orion offre une très bonne résistance à la fusariose et on sait que cette maladie est le talon d’Achille des orges à six rangs. » Aux tests du RGCQ, sur une période de trois ans (2022-2024), l’Orion a offert des rendements de 105,7 % dans la zone 1 et de 102,6 % dans la zone 2, tout en présentant la meilleure cote de résistance à la fusariose de l’épi pour une orge à six rangs », assure Daniel Barré. Comme second choix, le représentant de Pedigrain suggère le Minestro, un blé de printemps panifiable. « C’est une très bonne variété, reconnue pour ses qualités boulangères. Au niveau de la protéine, il performe très bien, avec un bon indice de chute, une bonne résistance au niveau de la verse. Dans les zones 1 et 2 cette année, il a très bien performé. C’est un blé qui n’a pas besoin de régie particulière, avec une assez bonne résistance à la fusariose. La plupart des producteurs qui l’ont semé n’ont pas mis de fongicide et ils ont eu de bons résultats au niveau de la qualité de la récolte », assure Daniel Barré.   


Curieux d’en savoir plus? Pour obtenir plus de détails techniques sur ces hybrides, rendez-vous au laterre.ca/canolas-prometteurs-2025.