fbpx
Photo : David Riendeau

Photo : David Riendeau

Une méthode pour évaluer les GES à la ferme

L’étude commandée par la Ferme C.D.M. à Logiag n’est que la première étape d’un processus qui permettrait à l’entreprise d’éventuellement accumuler des crédits de carbone et de les revendre.

« Pour la première fois, la séquestration du carbone pourra être mise dans la case des actifs et aura une valeur prévisible », souligne Jacques Nault, vice-président de Logiag et agronome.

Dans un contexte où la séquestration du carbone dans le sol devient un outil de plus en plus important pour réduire les gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère, le gouvernement fédéral développe à l’heure actuelle un protocole de crédits compensatoires par le biais duquel les producteurs agricoles pourraient être rétribués pour capter du carbone dans leurs sols en modifiant leurs pratiques. La présence de carbone organique dans le sol deviendrait l’indice principal pour mesurer les progrès accomplis.

C’est pourquoi Logiag a lancé cette année un service de bilan carbone des fermes, destiné à mesurer les émissions de GES, mais surtout à aider les entreprises à amorcer leur transition climatique. Pour y parvenir, la firme a développé un système d’analyse des sols, nommé LaserAg, qui utilise la spectroscopie sur plasma induite par laser. Grâce à cette technologie, on peut identifier les différents éléments dans les échantillons de sol et ainsi y évaluer la densité de carbone.

Avec les résultats des différentes analyses et les données recueillies auprès de Mathieu Messier, Logiag a pu dresser un bilan des émissions de GES de la Ferme C.D.M. liées aux cultures, à la combustion d’énergies fossiles, à l’élevage et aux sources indirectes comme le transport. « En utilisant ce modèle, on voit où sont les réductions de GES possibles. Ensuite, on peut lui proposer un plan de transition avec des mesures concrètes et un scénario pour séquestrer le carbone dans le sol. En mesurant le carbone dans le sol chaque année, on voit s’il y a une amélioration », résume Jacques Nault. 

Au fur et à mesure qu’il améliorera ses pratiques, un producteur pourra se bâtir « un actif » sous forme de crédits de carbone qu’il pourra revendre ou éventuellement employer pour commercialiser un produit « carboneutre », explique le vice-président de Logiag, qui réalise actuellement le bilan carbone d’une soixantaine de producteurs. « Une augmentation de 1 % de la matière organique dans le sol équivaut à séquestrer 100 tonnes de CO2 par hectare. À un prix actuel de 170 $ 1 la tonne, ça monte vite. »

1 Cette valeur est la cible visée par la taxe du gouvernement fédéral en 2030 (hausse de 15 $/t par an). L’obligation fédérale est présentement à 40 $/t, mais le système particulier du Québec (système de plafonnement et d’échange de droits d’émission de gaz à effet de serre – SPEDE) génère une valeur de 25 à 30 $/t pour les entreprises d’ici.

Lire également
Une méthode pour évaluer les GES à la ferme

Ce texte a été publié dans l’édition d’octobre 2021 du magazine GRAINS