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Le quinoa ne peut pas être cultivé n’importe où, ne serait-ce que parce qu’il s’agit d’une plante qui se développe en climat frais.

Le quinoa ne peut pas être cultivé n’importe où, ne serait-ce que parce qu’il s’agit d’une plante qui se développe en climat frais.

Du quinoa québécois? L’avenir le dira

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Originaire des hauts plateaux de la cordillère des Andes en Amérique du Sud, le quinoa est une plante annuelle cultivée en Bolivie, au Pérou, aux États-Unis, dans quelques pays d’Europe et au Canada dans les provinces de la Saskatchewan et de l’Ontario.

On le cultive pour ses graines, qui sont riches en protéines de haute qualité, en minéraux et en fibres, mais exemptes de gluten. Le quinoa n’est pas une graminée et n’est pas une céréale au sens strict. Il est toutefois utilisé comme telle dans l’alimentation, se présentant sous diverses formes : grains, farine, pâtes alimentaires et pains. Dans les faits, la pseudo-céréale qu’est le quinoa appartient à la même famille que les épinards et les betteraves, des légumes aussi consommés pour leurs feuilles. 

Allergie et intolérance au gluten, désir de réduire sa consommation globale de gluten ou de varier ses menus en adoptant de nouveaux aliments, autant de raisons qui expliquent l’engouement que connaît le quinoa auprès des consommateurs depuis plusieurs années. Or, le quinoa vendu un peu partout aujourd’hui, dans les boutiques d’aliments naturels et les supermarchés, est essentiellement un produit importé, y compris celui qui est mis en marché par les acheteurs–transformateurs québécois. Bien que les grains importés répondent à des critères de qualité élevés, nul doute que le quinoa qui pourrait être cultivé au Québec saura trouver preneur et se tailler une place sur le marché.  

Mais voilà, le quinoa ne peut pas être cultivé n’importe où parce qu’il s’agit d’une plante qui se développe en climat frais. Elle est sensible aux chaleurs de longue durée, ce qui limite les possibilités de culture selon les régions. Par exemple, si les températures restent supérieures à 28 °C pendant plusieurs jours, le pollen du quinoa peut devenir stérile, une situation assez courante en plein mois de juillet québécois et qui mettrait en péril la production de graines. De plus, les grains sont sensibles à la germination, ce qui nécessite des précautions particulières (ventilation, séchage) après la récolte. 

Avant de se lancer dans cette production à l’échelle commerciale au Québec, il reste aussi beaucoup à apprendre sur les conditions de culture et de récolte du quinoa : choix du cultivar, types de sol, semis, fertilisation, lutte contre les mauvaises herbes et les ravageurs, période et méthode de récolte, etc. Des essais de culture sont réalisés depuis quelques années chez des producteurs dans diverses régions du Québec. Dans le Bas-Saint-Laurent notamment, les essais ont révélé le potentiel de rendement économique du quinoa et permettent d’envisager l’expérimentation de la culture sur de plus grandes superficies. L’avenir dira si le quinoa s’avère une culture à promouvoir là où des températures relativement fraîches et une régie adaptée aux exigences de la plante seront au rendez-vous.  

Pour en savoir un peu plus, consultez la fiche Quinoa de la collection Productions en émergence au Québec du CRAAQ, qui propose une synthèse des connaissances disponibles sur un éventail de productions pouvant présenter un intérêt dans un contexte d’établissement en agriculture ou de diversification d’une entreprise existante (www.craaq.qc.ca/publications).

Danielle Jacques, agronome, Centre de références en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ)