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La lecture immédiatement après le pressage sera presque toujours plus basse que quelques heures plus tard ou le lendemain matin parce que l’humidité à l’intérieur des tiges a migré pour s’établir à l’équilibre. Photo : Gracieuseté Novations AGL

La lecture immédiatement après le pressage sera presque toujours plus basse que quelques heures plus tard ou le lendemain matin parce que l’humidité à l’intérieur des tiges a migré pour s’établir à l’équilibre. Photo : Gracieuseté Novations AGL

L’humidimètre, cet allié indispensable

Comparé aux coûts en machineries et en in­frastructures, l’humidimètre pour foin sec ­représente un investissement minime. Tous les producteurs de foin sec devraient en ­posséder un et, surtout, bien comprendre son fonctionnement.

Mieux connu sous le nom de testeur d’humidité, l’humidimètre sert à mesurer la teneur en eau du foin pendant la mise en balles ou à l’entreposage. Un foin trop humide perd en qualité et peut devenir poussiéreux. 

L’humidimètre  sert à vérifier le pourcentage d’humidité de vos fourrages.

L’humidimètre sert à vérifier le pourcentage d’humidité de vos fourrages.

Alors que l’humidité est le principal facteur qui influence la qualité du fourrage, l’humidimètre permet au producteur de garder un oeil sur son investissement. En mesurant l’humidité du foin, il peut alors prendre de meilleures décisions quant à l’utilisation de son séchoir à foin ou l’utilisation d’acide propionique. 

Quelle que soit la marque de l’humidimètre, le principe est le même et sert à mesurer la conductance du foin, c’est-à-dire le courant électrique (ampères) qui traverse un matériau, par unité de tension électrique (voltage) appliquée. La conductance s’exprime donc en ampères/volts. Plus un matériau est humide, plus il est conducteur. L’humidimètre mesure donc la conductance et la convertit ensuite en pourcentage d’humidité. 

Les humidimètres pour foin sec ont généralement été étalonnés par les fabricants pour du foin de luzerne avec des balles de densité moyenne et du foin fraîchement pressé.

Les facteurs qui influencent la lecture

Outre l’humidité, plusieurs autres facteurs peuvent influencer la conductance du foin, notamment la densité, la température, le type de culture et l’humidité de surface.

Densité : La densité affecte le contact entre les deux conducteurs à l’extrémité de la sonde et le foin. Très dense = meilleur contact, donc lecture plus élevée. Peu dense = moins bon contact, donc lecture plus basse. L’humidimètre est étalonné pour une densité moyenne.

Température : Certains humidimètres intègrent une compensation pour la température. Sinon, ils sont étalonnés à 30 °C. Vous pouvez consulter le manuel du fabricant pour les corrections à faire.

Légumineuses vs graminées : La plupart des humidimètres sont étalonnés pour la luzerne. Les légumineuses sont plus riches en calcium et potassium et leur conductance est plus élevée que celle des graminées. En conséquence, il faut corriger à la hausse la lecture de 2 % à 3 % pour les graminées. Vous pouvez consulter le manuel du fabricant pour les corrections à faire.

Humidité de surface : Il ne faut pas perdre de vue que l’on mesure une propriété électrique du foin : la conductance. Une tige de foin en plein soleil, surtout s’il vente, a un gradient d’humidité important. Le foin sera plus sec à la surface, plus humide au centre. Ce gradient est évidemment très variable. En conséquence, la lecture immédiatement après le pressage sera presque toujours plus basse que quelques heures plus tard ou le lendemain matin, par exemple, parce que l’humidité à l’intérieur des tiges a migré pour s’établir à l’équilibre. On dit que le foin transpire (sweating). Le même foin est maintenant plus conducteur, donc l’humidimètre donne une lecture plus élevée, parfois beaucoup plus élevée. Quel est le vrai pourcentage d’humidité du foin? Quelque part entre les deux… Chose certaine, la vraie humidité n’a pas changé : à preuve, le poids de la balle est demeuré le même.

Composantes et entretien

La sonde : Il s’agit d’une tige qui se raccorde au boîtier (ou à une poignée munie d’un fil se raccordant au boîtier). À l’extrémité de la tige se trouvent les deux pôles, isolés par un espaceur non conducteur. Il faut toujours s’assurer que les contacts métalliques à l’extrémité de la sonde sont propres, sans dépôts. Il faut donc les nettoyer régulièrement.

Utilisez un détergent doux et de l’eau, puis bien asséchez.

Mauvais contact = mauvaise lecture.

Capteur dans la chambre à balles : La plupart des humidimètres offrent l’option d’installer un capteur dans la chambre à balles de la presse à foin. Celui-ci joue le même rôle que la sonde. Il faut donc, lui aussi, le nettoyer régulièrement.

Boîtier, afficheur et autres fonctionnalités : Le boîtier est en général de construction assez robuste. Il faut toutefois éviter d’exercer une force excessive ou en angle, au risque de briser le raccord sonde/boîtier, ce qui pourrait endommager l’appareil ou causer des lectures erronées. 

Quelques trucs importants

  • Lisez le manuel d’instruction de votre humidimètre et suivez les directives.
  • Vérifiez la batterie : il y a une fonction (touche) de vérification. La batterie doit donner le bon voltage sinon la lecture sera fausse.
  • Les conducteurs à l’extrémité de la sonde doivent être nettoyés régulièrement. Même un faible dépôt sur les conducteurs va entraîner une lecture plus basse que la réalité. Cette recommandation s’applique également pour les conducteurs installés dans la chambre à balle.
  • Prenez plusieurs lectures dans plusieurs balles. Rappelez-vous que plus le foin est humide, plus les variations sont importantes.
  • Pour assurer un bon contact, insérez la sonde en travers des galettes et non entre les galettes.
  • Faites les corrections qui s’imposent en fonction de la densité et des conditions lors du pressage.
  • Faites confiance à votre expérience et votre jugement, pas seulement à votre humidimètre.

Novations AGL, collaboration spéciale