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« C’est mieux d’épandre une pulvérisation moyenne au bon moment que de pulvériser de façon parfaite au mauvais moment, puisque le rendement a été perdu », résume Tom Wolf, président d’Agrimetrix et spécialiste de la pulvérisation agricole. Photo : David Riendeau

« C’est mieux d’épandre une pulvérisation moyenne au bon moment que de pulvériser de façon parfaite au mauvais moment, puisque le rendement a été perdu », résume Tom Wolf, président d’Agrimetrix et spécialiste de la pulvérisation agricole. Photo : David Riendeau

Efficacité des herbicides : trouver la bonne qualité de pulvérisation

En phytoprotection, l’efficacité des herbicides est un défi de tous les instants. La question de la qualité de la pulvérisation s’avère donc très importante. Comment arriver à améliorer celle-ci? Un spécialiste nous donne quelques conseils.

Selon Tom Wolf, président d’Agrimetrix, une entreprise de Saskatoon spécialisée dans la pulvérisation agricole, les producteurs devraient retenir au moins une notion essentielle : une pulvérisation grossière est de loin préférable. « On ne veut pas d’une pulvérisation moyenne; c’est encore trop fin pour l’effet de dérive et cela n’offre pas d’avantage pour une couverture additionnelle. Tous les herbicides peuvent être appliqués avec une pulvérisation grossière ou très grossière », insiste-t-il.

L’effet de la taille des gouttes

Les différentes recherches menées par Tom Wolf sur l’effet de la taille des gouttelettes d’herbicides ont permis de constater qu’une pulvérisation grossière est particulièrement indiquée sur les plantes grasses comme le vulpin vert, l’avoine sauvage et le chiendent. « Avec des mauvaises herbes à feuilles larges comme le sarrasin sauvage, la bourse à pasteur ou le canola sauvage, on peut aller avec une pulvérisation encore plus grossière », ajoute-t-il.

D’autres facteurs peuvent influencer la qualité de la pulvérisation, comme le volume d’eau employé. Si un producteur utilise un faible volume d’eau (45 L/ha), il aura une très faible flexibilité avec sa qualité de pulvérisation. En revanche, un volume plus élevé (125 L/ha) permettra de meilleures performances. « Les plantes grasses poussant à la verticale, elles sont plus difficiles à mouiller et les gouttelettes ont tendance à rebondir. C’est pourquoi on utilise plus d’eau avec les pulvérisations grossières. »

La bonne pression et le bon moment

La pression adéquate est également un facteur dont il faut tenir compte absolument, peu importe la buse, rappelle Tom Wolf. Avec une pulvérisation grossière, on obtient un résultat acceptable seulement à partir d’une pression de 30 lb/po2 (PSI). Avec une pulvérisation très grossière, on parle plutôt de 70-80 PSI.

Cela étant dit, l’expert souligne qu’il faut garder en tête que le moment d’application demeure plus important que la façon de pulvériser. « C’est mieux d’épandre une pulvérisation moyenne au bon moment que de pulvériser de façon parfaite au mauvais moment, puisque le rendement a été perdu. Par conséquent, l’idée d’attendre une ou deux semaines pour la météo parfaite avant l’application est néfaste à l’activité de l’herbicide. Plus on attend, plus on perd notre fenêtre d’action. »

La fusariose de l’épi du blé

Le traitement d’une maladie comme la fusariose de l’épi du blé constitue un cas spécial. Comment pulvériser de façon efficace sur les épis quand on sait que les fongicides doivent être appliqués sur la cible?

« Dans le cas de la fusariose, choisir encore une fois une pulvérisation grossière est un bon point de départ, puisque la cible est au sommet de la canopée, lance Tom Wolfe. De plus, une pulvérisation grossière permet une meilleure distribution, contrairement à ce que l’on croyait, car les gouttelettes fines font face à la résistance de l’air. La gravité a un effet bénéfique dans ce cas. »

Le spécialiste recommande aussi d’installer la buse en angle vers l’avant ou d’utiliser une buse double pour obtenir un dépôt plus uniforme. Le passage d’une buse simple se soldera par une distribution inégale sur l’épi. Il est également préférable d’utiliser une buse avec un grand angle.

Enfin, les producteurs devraient veiller à maintenir la rampe à une hauteur de 30 cm. « Si la rampe est haute, disons à 75 cm, on perd un montant significatif de dépôt. Même si les buses avancent, les gouttelettes doivent franchir une longue distance avant d’atteindre la cible et risquent de tomber verticalement. On veut plutôt créer un effet de mouvement vers l’avant afin de venir plaquer les dépôts sur les côtés en utilisant la vitesse. Mais pour cela, il faut que la rampe soit basse, que les buses soient en angle et que la pulvérisation soit grossière. » 


Plus de conseils pratiques sur la pulvérisation sont disponibles sur le site d’Agrimetrix (en anglais seulement).

www.sprayers101.com