fbpx
Le Québec possède un climat idéal pour la culture des fourrages, un sentiment d’acquis qui explique peut-être le peu de ressources et de fonds qui sont consacrés à la recherche et au développement dans le domaine, croit Alphonse Pittet, président du CQPF. Photo : Bernard Lepage

Le Québec possède un climat idéal pour la culture des fourrages, un sentiment d’acquis qui explique peut-être le peu de ressources et de fonds qui sont consacrés à la recherche et au développement dans le domaine, croit Alphonse Pittet, président du CQPF. Photo : Bernard Lepage

Bientôt un pôle d’expertise pour le secteur fourrager

Même si 57 % de la superficie en culture au Québec sont occupés par les fourrages, ce secteur de l’agriculture fait figure de parent pauvre dans l’industrie agricole. Le Conseil québécois des plantes fourragères (CQPF) a donc décidé d’agir.

Une firme de consultants a été embauchée fin 2018 pour élaborer un plan d’affaires qui devrait être déposé en octobre. Le but : créer un pôle d’expertise pour le secteur fourrager.

Même si sa mise sur pied nécessitera un investissement en argent et en ressources – des questions qui ne sont pas encore réglées –, son rôle est néanmoins clair : assurer le transfert des connaissances auprès des producteurs et conseillers agricoles; créer des réseaux d’essais qui répondent aux besoins du secteur ainsi que parfaire les recherches entre la production aux champs et les performances alimentaires du bétail.

« La recherche dans le secteur des cultures fourragères au Québec se fait à petite échelle, avec peu de moyens et sans réelle coordination. Les résultats peinent à arriver jusqu’aux producteurs », explique Alphonse Pittet, président du CQPF.

Les champs réservés aux plantes fourragères représentent un peu plus d’un million d’hectares en culture dans la province, une superficie à laquelle il faut ajouter 200 000 hectares en pâturage. « Ce sont des prairies à peine fertilisées et où on investit peu. En Abitibi, en Outaouais et en Estrie, il y a des bovins de boucherie qui broutent sur les mêmes pâturages depuis 20, 30 et 40 ans. »

Alphonse Pittet comprend que les grands producteurs de semences ont plus intérêt à investir dans la recherche sur le maïs et le soya, des cultures qui nécessitent l’utilisation de fertilisants et d’herbicides. « Même les agriculteurs vont réserver leurs meilleurs champs à ces cultures parce que les revenus à l’hectare sont plus élevés. C’est une question économique, tout simplement », reconnaît-il. Dans le système actuel, les plantes fourragères ne sont finalement la spécialité… de personne.

Même si on retrouve au Québec 4 300 producteurs qui commercialisent leur foin, dont le quart en tire son principal revenu, Alphonse Pittet constate qu’il n’y a pas vraiment de volonté de créer un syndicat de producteurs. « Présentement, les principaux joueurs dans le foin de commerce préfèrent travailler comme des indépendants », dit-il avec regret.

Le CQPF estime qu’à défaut d’unifier les producteurs, la création de son Pôle d’expertise sera un premier pas en avant. 

Bernard Lepage